Gina Haspel

13 mars 2018 16:13; Act: 13.03.2018 16:25 Print

Une femme accusée de torture à la tête de la CIA

Gina Haspel est la première femme nommée mardi à la tête de la CIA, mais son rôle dans les prisons secrètes où des détenus étaient torturés pourrait compliquer sa tâche.

Sur ce sujet
Une faute?

Mme Haspel, 61 ans, doit remplacer Mike Pompeo que Donald Trump a choisi mardi pour devenir le chef de sa diplomatie après le limogeage sans ménagement de Rex Tillerson. Espionne très expérimentée dans les opérations clandestines, elle a rejoint l'agence en 1985 et a servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres, à la fin des années 2000. «Gina est une espionne exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d'expérience dans l'agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l'entourent», déclarait Mike Pompeo, en la nommant numéro 2 de l'agence il y a un an.

Trois anciens directeurs de la CIA et d'autres responsables, dont James Clapper, ancien directeur du renseignement américain, avaient apporté leur soutien à Mme Haspel. En revanche, deux sénateurs démocrates avaient fait part de leurs réserves sur sa nomination dans une lettre au président Donald Trump. «Son parcours fait qu'elle n'est pas adaptée pour ce poste», estimaient les sénateurs Ron Wyden et Martin Heinrich.

Noyade et autres mauvais traitements

Elle avait été nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, mais avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 de prisons secrètes à l'étranger, où des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects. Selon le Washington Post à l'époque, elle avait «géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d'autres mauvais traitements».

Le quotidien américain affirmait que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques «d'interrogatoire poussé», appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. Les avocats de ces détenus membres présumés d'Al-Qaïda souhaitaient récupérer ces vidéos pour les présenter devant les tribunaux.

(L'essentiel/afp)