Centrales à charbon

22 mai 2019 11:09; Act: 22.05.2019 11:17 Print

À 99 ans, elle se bat contre l'État vietnamien

Une centenaire tient tête aux bulldozers de l'État vietnamien censés construire sur ses terres une centrale à charbon. Elle se moque des compensations financières promises.

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Pham Thi Ca a 99 ans et n'a que faire de l'argent qu'on lui offre comme dédommagement: cette Vietnamienne tient tête aux bulldozers de l'État communiste censés construire sur ses terres une centrale à charbon financée par le Japon. Une centaine de fonctionnaires se sont déjà succédé chez elle, dans le sud-ouest du Vietnam. Ils ont fini par raser sa maison mais elle s'accroche, malgré sa quasi-cécité et son grand âge, et campe dans un abri de fortune juste à côté des ruines de son ancien logis.

«Je ne pars pas. Je reste ici chez moi... Mes grands-parents et mes parents sont restés ici, alors je reste aussi», insiste cette grand-mère squatteuse, dans un acte de résistance extrêmement rare au Vietnam. «Je veux être enterrée ici. Ma maison est ici, ma terre ici, donc je serai enterrée ici», persiste-t-elle, défiant un régime qui habituellement n'hésite pas à emprisonner les voix discordantes.

Le charbon, principale source de production d'électricité

Le combat de la centenaire est d'autant plus symbolique qu'elle contrecarre un des grands projets nationaux: la multiplication des centrales à charbon, pour répondre à l'appétit de croissance de cet État de 95 millions d'habitants. Sur ses terres est prévue l'installation d'une centrale à 2,6 milliards de dollars.

Au Vietnam, un tiers de la production d'électricité provient déjà de centrales à charbon, une énergie fossile dont la responsabilité dans le réchauffement climatique est pointée du doigt. Et cette proportion devrait grimper à 50% d'ici à 2030, selon les projections du régime communiste.

(L'essentiel/afp)