Explosions au Liban

05 août 2020 12:32; Act: 05.08.2020 13:44 Print

À Beyrouth, des larmes, des disparus, des morts

Le chaos s'est emparé de Beyrouth, dans les heures qui ont suivi les terribles explosions de mardi soir. La population est sous le choc.

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À l'une des entrées du port de Beyrouth, une femme de vingt ans court en hurlant le nom de son frère. Il s'appelle Jad et ses yeux sont verts, lance-t-elle l'air hagard. En vain. Les forces de sécurité lui interdisent le passage. À quelques mètres de là, une autre femme en panique cherche son frère. Mais dans les regards, peu d'espoirs, après les explosions violentes et meurtrières ayant fait au moins 100 morts et 4 000 blessés, provoquant des dégâts sans précédent dans toute la capitale, traumatisant les habitants.

Pendant plus de trois heures, le chassé-croisé d'ambulances se poursuit à un rythme incessant, accompagné par le hurlement des sirènes, les véhicules pénétrant la zone sinistrée pour repartir chargées de victimes. Dans l'épicentre de l'explosion, un paysage apocalyptique: les conteneurs ressemblent à des boîtes de conserve tordues, leur contenu déversé sur le sol. Des flammes lancinantes et des nuages de fumée noire s'élèvent dans le ciel, que des hélicoptères de l'armée tentent en vain d'éteindre avec l'eau collectée de la mer.

Arrimé en face du port un navire est dévoré par le feu tandis que des agents de sécurité sur le quai craignent que ses réservoirs de carburant n'explosent. Trois heures après la catastrophe, une dépouille gît encore à terre. Juste à côté, une valise intacte. Le sol est jonché de valises, lunettes, chaussures, mais aussi des sachets de chips importées, des dossiers et des papiers provenant des bureaux avoisinants, soufflés par l'explosion.

À quelques dizaines de mètres de là, des voitures importées se succèdent en rangées compactes. Toutes endommagées par l'explosion, qui les a comme détraquées: les phares clignotent et les alarmes des véhicules accompagnent le hurlement des sirènes.

Corps déchiquetés

La mine déconfite, certains pompiers sur place cherchent des collègues qui s'affairaient à éteindre un incendie déclenché juste avant l'explosion massive, selon l'un d'eux. Des secouristes, épaulés par des agents de sécurité, cherchent des survivants ou des morts coincés sous les décombres. L'un d'eux lance à l'adresse des journalistes: «Qu'est-ce que vous filmez? Il y a des corps déchiquetés partout!».

Non loin, des agents de sécurité transportent le corps sans vie d'un camarade. L'un d'eux explose en sanglots. Un autre, presque dans le déni, sort son téléphone pour exhiber la photo du défunt. «Le voilà à son mariage». Parmi les blessés figurent des membres syriens et égyptiens d'équipages de navires arrivés mardi au port, notamment un venu d'Ukraine et transportant du blé à destination de la Syrie.

«Cela fait six mois que nous attendons le moment de notre retour en Syrie. Nous sommes 13 jeunes hommes. Sept d'entre nous ont été blessés», assure l'un d'entre eux. Un autre évoque une fissure dans la coque de son navire, le Mero Star. «Le navire coule, avec l'explosion il y a eu de graves blessés à bord». Dans tous les quartiers de la capitale sans exception, même dans les banlieues, les correspondants de l'AFP on pu voir les dommages causés par les déflagrations qui ont fait trembler la ville et provoqué la panique aux terrasses des cafés.

Dans les immeubles, les habitants inspectaient les dégâts, alors que les vitres des appartements ont été soufflés, les vitrines des magasins ont explosé, jonchant les trottoirs et les rues de bris de verre. Plusieurs hôpitaux de la ville ont été dépassés par les blessés qui affluaient. Sur les télés libanaises, les journalistes dépêchés devant les hôpitaux saturés égrènent inlassablement des noms. Ce sont les portés disparus, leurs familles leur ont demandé de lancer un appel dans l'espoir de les retrouver.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • sami le 05.08.2020 13:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il n’y a meme pas de mots apres ce genre de catastrophe, courage a toutes ses personnes

  • Peace & Love le 05.08.2020 12:54 Report dénoncer ce commentaire

    Pour ceux qui restent, qui va les dédommager d'avoir perdu, parfois, leur habitation ? Le peuple n'est pas responsable de ce drame épouvantable.

  • luis le 05.08.2020 13:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pourquoi avoir des reserves de nitrate d'ammonium et pas des réserves de nourritures pour la population affamé.

Les derniers commentaires

  • didonc le 05.08.2020 20:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    crise financière oblige le pays à être dans le cao

  • Bibi0000 le 05.08.2020 18:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce sont pour la plupart des gens pauvres et maintenant ils ont besoin d’aide quelle catastrophe on est à l’abri de rien.

  • Chock! le 05.08.2020 16:42 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai honte d'être un Humain quand je vois ces photos et en ce qui se passe avec ce Covid. Je crois que je vais vivre avec les animaux dans la Nature, car eux savent au moins se comporter correctement. Je préfère largement une conversion avec un Animal au lieu avec un être Humain, qui sera plus fructueuse par après.

  • Sergent Piper le 05.08.2020 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    La même catastrophe avec le stockage de nitrate ammonium au lieu en 2011 à Toulouse, avec des morts blessés infirmes à vie et dégâts de la ville, des procès qui durent une éternité. Apparemment cela n' pas était pris en compte dans le monde pour ce genre de stockage.

  • luis le 05.08.2020 13:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pourquoi avoir des reserves de nitrate d'ammonium et pas des réserves de nourritures pour la population affamé.

    • dulux le 05.08.2020 14:23 Report dénoncer ce commentaire

      C'est un fertilisant, ca aide a faire pousser de la nourriture

    • @Dulux le 05.08.2020 15:03 Report dénoncer ce commentaire

      Peut-être aussi que le nitrate d'ammonium est un composant qui sert à fabriquer des explosifs et qu'il n'était pas entreposé dans le port par les autorités libanaises mais par des groupes armés extérieurs qui parviennent à contrôler des territoires (dont une grande partie du port) de ce pays exsangue.... Faut parfois aller voir plus loin que le bout de son nez... Je ne dis pas que ce n'est pas accidentel mais à qui profitait le crime (d'entreposer 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dans un port)? En comparaison, AZF a pété avec 300 tonnes du même produit.