Coronavirus

22 septembre 2020 20:03; Act: 22.09.2020 20:14 Print

À l’ONU, Trump reproche à la Chine d’avoir «infecté le monde»

Le président américain a vivement attaqué Pékin pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 ce mardi lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

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Les chefs d’États se sont exprimés par vidéo mardi lors de l’Assemblée générale de l’ONU. (photo: KEYSTONE/AP/Eskinder Debebe)

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Donald Trump a vivement attaqué la Chine mardi à l’Assemblée générale de l’ONU, illustrant le risque de «nouvelle guerre froide» qui menace la planète en pleine pandémie.

«Les Nations Unies doivent tenir la Chine pour responsable de ses actes» au début du Covid-19 et pour avoir «lâché cette peste à travers le monde», a lancé le président des États-Unis, parmi les premiers à intervenir dans une vidéo enregistrée à l’ouverture de cette grand-messe diplomatique annuelle organisée de manière virtuelle en raison de la crise sanitaire.

Qualifiant une nouvelle fois le coronavirus de «virus chinois», une formule qui suscite l’ire de Pékin, il a accusé les autorités chinoises d’avoir, au début de l’épidémie, autorisé «les avions à quitter la Chine et infecter le monde».

«Le gouvernement chinois et l’Organisation mondiale de la santé, qui est quasiment contrôlée par la Chine, ont déclaré à tort qu’il n’existait pas de preuve de transmission humaine» du virus, a-t-il encore déploré depuis la Maison-Blanche, justifiant ainsi le retrait des États-Unis de cette agence de l’ONU.

Le milliardaire républicain, dont la gestion du Covid-19 est très contestée – 200 000 morts aux États-Unis selon l’université Johns Hopkins – et semble plomber ses chances de réélection à la présidentielle du 3 novembre, a promis de «distribuer un vaccin» et «mettre fin à la pandémie» pour entrer «dans une nouvelle ère inédite de prospérité, de coopération et de paix». Donald Trump a poursuivi son offensive anti-Chine sur le terrain environnemental et commercial.

«Choc des civilisations»

Également pré-enregistré, le discours du président chinois Xi Jinping ne permettait pas de répondre directement à son homologue américain. Mais son ambassadeur à l’ONU Zhang Jun s’est chargé de «rejeter» de manière outrée ces «accusations infondées». «La Chine n’a pas l’intention d’entrer dans une guerre froide», a assuré le numéro un chinois dans son message, devant une vaste fresque de la Grande Muraille.

Sans citer les États-Unis, il a mis en garde contre «le piège d’un choc des civilisations», appelant à ne pas «politiser» la lutte contre le coronavirus et à «en finir avec la mentalité des blocs et des jeux à somme nulle». Mais il s’est surtout attardé sur une longue défense de sa gestion de la pandémie, se présentant même en exemple pour le reste du monde.

«Grande fracture»

Face à ce climat qui électrise les relations internationales, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait lancé au préalable un avertissement inquiet contre une «grande fracture» entre les «deux plus grandes économies». «C’est une direction très dangereuse», a-t-il prévenu au sujet de la rivalité sino-américaine croissante. Le monde doit tout faire «pour éviter une nouvelle guerre froide», a-t-il martelé à la tribune d’un hémicycle clairsemé au siège de l’ONU à New York.

Antonio Guterres a aussi réitéré son appel à un «cessez-le-feu mondial d’ici la fin de l’année», alors que les zones de conflit et de tensions restent nombreuses malgré l’urgence sanitaire. Sur ce front, le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné quelques gages en appelant à un «dialogue sincère» pour résoudre le conflit qui oppose la Turquie à la Grèce et l’Union européenne en Méditerranée, tout en rejetant tout «harcèlement» visant Ankara.

Donald Trump s’est lui présenté en «faiseur de paix», une semaine après la signature à la Maison-Blanche d’accords historiques entre Israël et deux pays arabes du Golfe, les Émirats arabes unis et Bahreïn.

(L'essentiel/afp)