Fusillade au Texas

20 mai 2018 10:16; Act: 20.05.2018 10:19 Print

A Santa Fe, les policiers «ont fait ce qu'ils ont pu»

Le bilan de la fusillade dans un lycée de Santa Fe au Texas a été revu à la hausse. Il est désormais de 10 morts et de 13 blessés.

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Les deux policiers qui sont intervenus lors de la fusillade qui a fait dix morts dans un lycée au Texas «ont fait ce qu'ils ont pu», a déclaré leur supérieur samedi lors d'une conférence de presse.

Le massacre de vendredi dans la communauté rurale de Santa Fe a blessé 13 autres personnes, ce bilan ayant été revu à la hausse par le FBI, dont l'un des policiers de l'école. Les médias américains ont parmi les 10 victimes identifié deux enseignants et un étudiant pakistanais en programme d'échange scolaire.

Le tireur, Dimitrios P., un élève de 17 ans de l'école, inculpé pour meurtre et placé en détention encourt la peine de mort. Vêtu d'un long manteau noir cachant un fusil et un revolver, des armes appartenant à son père, Dimitrios P. est entré dans une classe vers 08H00 du matin (14H00, heure suisse) et a ouvert le feu.

«Surprise !»

Evan San Miguel, un étudiant de première année, a raconté qu'il était en cours lorsque le tireur a fait irruption et a crié «Surprise !». Puis la fusillade a commencé.

Walter Braun, chef de la police du district scolaire indépendant de Sante Fe, a déclaré aux journalistes que son agent, qui est dans un état critique mais stable, ainsi qu'un autre officier avaient «engagé le tir» sur le meurtrier. «Nos officiers sont entrés et ont fait ce qu'ils ont pu», a-t-il dit.

«Nous nous exerçons tout le temps avec les élèves et le personnel et ils sont prêts à passer à l'action. Cela s'est vu lorsque les deux officiers ont engagé le feu tout de suite», a déclaré M. Braun, refusant de donner plus de détails, comme le nombre de balles que ses officiers ont pu tirer. Le juge du comté de Galveston, Mark Henry, a déclaré aux journalistes que l'officier de l'école blessé «a couru vers le danger» tel un «héros». De nombreuses écoles américaines sont déjà dotées d'officiers armés, comme ceux qui ont répondu à Santa Fe.

Les campus du district fermés lundi et mardi

Si certains de ses camarades ont évoqué un adolescent calme mais assez solitaire, les raisons qui ont poussé le jeune Dimitrios à commettre ce massacre restaient, pour l'heure, inconnues. Des informations trouvées «dans ses journaux sur son ordinateur et son téléphone» ont permis d'établir que le tireur prévoyait de se suicider après l'attaque qu'il avait planifiée, a précisé le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott.

Les accès au lycée étaient barrés samedi par un cordon de sécurité de la police et tous les campus du district seront fermés lundi et mardi. Des élèves, escortés, ont pu récupérer leurs affaires personnelles tandis que des personnes déposaient des fleurs devant l'enceinte.

Parmi elles, Allie Sybert, 12 ans, accompagnée de ses parents et de sa petite sœur. «C'est très effrayant de se dire que quelque chose comme ça pourrait t'arriver, c'est stressant d'aller à l'école. Je ne comprends pas comment quelqu'un peut faire cela», a-t-elle dit à l'AFP, souhaitant un renforcement de la sécurité autour des écoles.

«C'est le moment du deuil»

Le New York Times a des sources policières affirmant que le suspect avait avoué avoir épargné «les étudiants qu'il aimait pour que son histoire puisse être racontée».

«C'est le moment du deuil», a déclaré le membre du Congrès Randy Weber à des journalistes. Il s'est montré agacé lorsqu'il a été interrogé pour savoir si la sécurité ne serait pas meilleure si les armes à feu n'étaient pas aussi facilement disponibles. «N'oubliez pas dans quel état vous êtes. Il y a plus d'armes au Texas que dans tous les autres États», a-t-il dit.

Il est peu probable que les appels à un durcissement de la législation sur les armes à feu résonnent dans le Texas comme il en avait été question après le massacre faisant 17 morts dans une école de Floride il y a trois mois. L'administration Trump avait alors assuré qu'elle augmenterait l'aide aux États qui veulent armer les officiers présents dans les écoles, comme ceux qui sont intervenus à Santa Fe. Une promesse qui a peu de soutien de la part du monde éducatif.

(L'essentiel/afp)