Rwanda

22 mai 2020 14:42; Act: 22.05.2020 15:45 Print

Accusé de génocide, il est mort il y a 20 ans

Le Mécanisme des tribunaux pénaux internationaux (MTPI) annonce ce vendredi avoir acquis la certitude que l’ancien ministre de la Défense est décédé en août 2000.

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Il n'y aura pas de procès, les survivants sont déçus.

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Un des principaux fugitifs poursuivis par la justice internationale pour le génocide au Rwanda, Augustin Bizimana, est décédé il y a près de 20 ans. L'annonce a été faite par un tribunal de l'ONU moins d'une semaine après l'arrestation d'un autre suspect majeur.

Ancien ministre de la Défense, Augustin Bizimana était accusé d'avoir été l'un des hauts commanditaires du génocide perpétré en 1994 contre les Tutsis au Rwanda, qui a coûté la vie à 800 000 personnes. Son décès, dont la date est estimée à août 2000, «a pu être confirmé à l'issue de l'identification formelle des restes de son corps retrouvés» dans un cimetière à Pointe-Noire, au Congo, a fait savoir le Mécanisme des tribunaux pénaux internationaux (MTPI).

Des analyses génétiques effectuées ces derniers mois «ont permis d'exclure la possibilité que ces restes soient ceux d'une autre personne», a déclaré le MTPI. Cette structure basée à La Haye est chargée notamment d'achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), mis en place par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre 1994, quelques mois après le génocide.

13 chefs d’inculpation

«D'autres éléments de preuve ayant trait aux circonstances du décès d'Augustin Bizimana ont également été vérifiés», a précisé le Mécanisme, sans préciser les causes de sa mort. Né en 1954, Augustin Bizimana avait été mis en accusation en 1998 par le TPIR pour 13 chefs d'accusation, dont génocide, extermination, meurtre et autres actes inhumains.

Il devait notamment répondre du meurtre en 1994 de la Première ministre hutu modérée Agathe Uwilingiyimana, ainsi que de dix membres belges des forces de maintien de la paix et de civils tutsis. L'annonce du MTPI intervient moins d'une semaine après l'arrestation en France, le 16 mai, d'un autre des principaux accusés, Félicien Kabuga, financier présumé du génocide rwandais, qui était en cavale depuis 25 ans.

La mort de Augustin Bizimana constitue une «grande déception» pour les rescapés du génocide, a réagi ce vendredi Alain Gauthier, le responsable d'une association de victimes en France. «Le plus grand souhait des rescapés, c'est que les tueurs soient jugés. Il n'y a que la justice qui peut leur apporter un petit peu de réconfort, et lorsqu'un responsable du génocide est jugé, leur honneur leur est rendu», a-t-il expliqué à l'AFP.

Une arrestation- clé récente

«Avec l'arrestation de Félicien Kabuga samedi dernier et la confirmation aujourd'hui du décès d'Augustin Bizimana, le Bureau du Procureur a ainsi retrouvé deux des trois principaux fugitifs mis en accusation par le TPIR», a souligné le Mécanisme.

Le dernier fugitif principal recherché par le Mécanisme est Protais Mpiranya, qui commandait la garde du président Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat le 6 avril 1994 est considéré comme l'élément déclencheur du génocide. Cinq autres suspects mis en accusation par le TPIR sont toujours en fuite.

(L'essentiel)