Syrie

10 février 2020 21:29; Act: 11.02.2020 12:14 Print

Ankara aurait «neutralisé» 101 soldats syriens

La Turquie a affirmé lundi avoir «neutralisé» plus de 100 soldats du régime de Damas, en réponse à un bombardement syrien qui a fait cinq morts, dans les rangs de l'armée turque.

storybild

Un convoi militaire turc traverse la ville de Binnish, dans la province d'Idlib (10 février 2020).

Sur ce sujet
Une faute?

«D'après nos sources, 101 membres du régime ont été neutralisés, trois chars et deux canons ont été détruits et un hélicoptère a été touché», a déclaré le ministère turc de la Défense, dans un communiqué.

Il n'était pas possible de vérifier ces chiffres de manière indépendante dans l'immédiat.

Le ministère a indiqué que la Turquie continuait lundi soir de bombarder des positions syriennes.

Plus tôt, cinq soldats turcs avaient été tués et cinq blessés dans un bombardement du régime de Damas sur des positions d'Ankara, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

La semaine dernière, huit militaires turcs avaient déjà été tués dans un bombardement du régime de Bachar el-Assad à Idleb, dernier bastion de l'opposition syrienne dominé par des groupes jihadistes.

Lundi, le ministère turc de la Défense a prévenu qu'Ankara riposterait "de la plus ferme des manières," à toute nouvelle attaque.

Ces échanges de tirs d'artillerie risquent de provoquer une nouvelle escalade entre la Turquie et le régime syrien, qui est appuyé par la Russie.

Une offensive de grande ampleur redoutée

La Turquie, qui appuie certains groupes rebelles en Syrie, a déployé d'importants renforts dans cette province, ces derniers jours, pour enrayer l'avancée du régime qui a mis les bouchées doubles depuis décembre.

Après l'échange de tirs la semaine dernière, le président Erdogan avait sommé la Syrie de reculer dans la province d'Idleb, et demandé à Moscou de faire davantage pour contrôler les forces du régime.

Même si elles soutiennent des camps opposés en Syrie, la Turquie et la Russie ont renforcé leur coopération sur ce dossier, en parrainant par exemple un accord de cessez-le-feu lors d'un sommet à Sotchi, en 2018.

La nouvelle attaque du régime est d'ailleurs intervenue alors qu'une délégation russe se trouvait à Ankara, pour des pourparlers visant à trouver une solution à Idleb.

Lors de cette rencontre, les responsables turcs ont appelé la Russie à «assumer ses responsabilités» en tant que pays garant de l'accord de Sotchi, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts depuis 2011 et jeté sur la route de l'exil plus de la moitié de la population d'avant-guerre - plus de 20 millions d'habitants.

La situation à Idleb préoccupe particulièrement Ankara en raison de sa proximité avec la frontière turque.

Ankara redoute qu'une offensive de grande ampleur ne déclenche une nouvelle vague migratoire vers la Turquie, pays où plus de 3,5 millions de Syriens ont déjà trouvé refuge depuis le début du conflit.

(L'essentiel/afp)