Nicaragua

26 avril 2018 07:56; Act: 26.04.2018 16:08 Print

Après 6 jours de chaos et 34 morts, le dialogue

Suite aux violentes manifestations de ces derniers jours, l'Église va encadrer un dialogue national entre le gouvernement et ses opposants.

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Mardi, l'archevêque de Managua, Leopoldo Brenes a accepté de servir de «médiateur et témoin» du dialogue entre les opposants et le gouvernement, en insistant pour que ce dernier «évite tout acte de violence». (Mercredi 25 avril 2018)

Le Nicaragua est dans l'attente d'un dialogue national sous l'égide de l'Église alors que se multiplient les témoignages de violation des droits de l'Homme au cours des six jours de manifestations qui ont fait 34 morts. De nouvelles marches et des veillées d'étudiants ont été organisées mercredi à Managua et dans d'autres villes du pays afin de demander justice pour les personnes tuées et détenues lors des récentes manifestations d'une rare violence.

Le nouveau bilan des victimes, communiqué mercredi par le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh), fait état de 34 morts, en majorité des étudiants, mais aussi deux policiers et un caméraman abattu en plein reportage. Le nombre de décès pourrait monter dans les prochaines heures alors que 66 blessés sont à l'hôpital dont 12 «en état grave et en soins intensifs» et que 16 personnes sont toujours portées disparues, a précisé Marcos Carmona, représentant de l'ONG. Vilma Nunez, directrice du Cenidh, a déclaré à l'AFP que le gouvernement avait commis «une violation massive des droits de l'homme lors des manifestations, y compris la mort et la torture des jeunes pour décourager leur mobilisation».

«Conditions favorables à un dialogue»

Les manifestants, qui exigent désormais leur départ, le président Ortega et sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, ont remercié l'Église d'avoir accepté de participer au dialogue, mais mercredi ni les détails ni les participants à ces discussions n'étaient connus.

Président du puissant Conseil supérieur des entreprises privées (Cosep), José Aguerri a estimé dans un entretien à l'AFP que les conditions étaient maintenant favorables à un dialogue, en l'absence d'actes de répression depuis dimanche. «Le Nicaragua va être plus démocratique» à l'issue de ce dialogue, pour lequel le Cosep avait fixé comme conditions «qu'il y ait une liberté d'expression, une liberté de mobilisation, une libération des personnes interpellées».

«Tout cela est réuni, maintenant nous attendons que la Conférence épiscopale prenne la décision» de lancer le dialogue, à laquelle devront participer tous les secteurs de la société, a souligné le chef d'entreprise. Pour montrer qu'il n'a pas totalement perdu le soutien de la population, le Front sandiniste au pouvoir a convoqué jeudi une manifestation de soutien au gouvernement.

L'Église catholique appelle aussi à défiler samedi «pour montrer notre foi et notre amour du Nicaragua», a annoncé sur Twitter l'évêque adjoint de Managua, Silvio Báez. Dure critique du gouvernement, il a estimé que «le chemin est ouvert pour construire de façon pacifique et civique un nouveau pays. L'heure est venue de reconstruire la démocratie! Il est temps que le Nicaragua redevienne une république!».

(L'essentiel/afp)