Syrie - Allemagne

03 février 2019 14:37; Act: 03.02.2019 14:44 Print

Après avoir rallié l'EI ado, elle veut rentrer chez elle

Une jeune allemande de 19 ans, qui avait rejoint les jihadistes en Syrie en 2015, a été arrêtée dans l'est du pays. Elle voudrait rentrer chez elle avec ses enfants.

Sur ce sujet
Une faute?

Léonora avait 15 ans quand elle a quitté l'Allemagne pour la Syrie, où elle a rencontré son mari, jihadiste du groupe État islamique (EI). Fuyant aujourd'hui l'ultime bastion de l'EI dans l'est syrien, elle veut rentrer dans son pays avec ses enfants. «J'étais un peu naïve. Cela faisait seulement deux mois que je m'étais convertie à l'islam», raconte la jeune fille à la peau pâle, son bébé dans les bras. Léonora assure avoir principalement vécu à Raqa, l'ex-capitale des jihadistes en Syrie, reconquise en octobre 2017. «Au début, tout allait bien, quand ils avaient les grandes villes et beaucoup d'argent», se souvient-elle. «Quand ils ont perdu Raqa, on a commencé à changer de maison chaque semaine».

Léonora a aujourd'hui 19 ans, mais on pourrait lui en donner trente. Après quatre années passées dans des régions contrôlées par l'EI, elle vient de fuir l'ultime carré jihadiste dans la province de Deir Ezzor, où les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) mènent toujours l'offensive. Comme elle, des milliers de personnes ont quitté les derniers territoires aux mains de l'EI. Elles sont accueillies par les FDS, qui imposent fouilles et interrogatoires poussés, pour identifier les jihadistes ou leurs familles parmi la masse de civils.

Détenus par les kurdes

Débarquée en mars 2015 dans la Syrie en guerre avec sa meilleure amie, elle s'est mariée trois jours après son arrivée. «Je restais à la maison, pour faire la cuisine et nettoyer», assure cette mère de deux enfants, qui dit avoir été trompée par la propagande de l'EI sur les réseaux sociaux. À ses côtés se tient une autre épouse de son mari. Le jihadiste allemand Martin Lemke a été arrêté jeudi par les FDS avec une partie de sa famille. Léonora assure que son mari n'était pas un combattant, mais un informaticien. Pourtant, selon la presse allemande, il aurait notamment fait partie de la Hisba, la police religieuse de l'EI, avant de rejoindre les services des renseignements des jihadistes.

Plusieurs centaines de jihadistes étrangers sont aujourd'hui détenus par les forces kurdes, qui luttent contre l'EI avec le soutien d'une coalition internationale. Les hommes sont en prison, tandis que les femmes restent, avec leur progéniture, sous la surveillance des FDS dans des camps de déplacés du nord syrien. Ce dossier est un véritable casse-tête pour l'administration semi-autonome kurde, qui refuse de juger les étrangers et réclame leur renvoi vers leur pays d'origine. Mais les gouvernements occidentaux sont réticents.

(L'essentiel/afp)