Afghanistan

28 décembre 2017 14:59; Act: 28.12.2017 15:03 Print

Attentat à Kaboul: «Tout le monde hurlait et pleurait»

Au moins 41 personnes ont été tuées et 84 blessées jeudi près d'un centre culturel chiite dans un attentat revendiqué par l'EI.

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Le groupe État islamique (EI) a revendiqué l'attentat perpétré jeudi à Kaboul, a rapporté son agence de propagande Amaq. Le groupe extrémiste a dit avoir eu recours à trois bombes dont les explosions ont été suivies par une attaque suicide, selon l'agence.

Les détonations ont retenti près d'un centre culturel chiite dans le quartier de Qalai Nazir, selon le ministère de l'Intérieur. La cible de l'attaque était le centre culturel Tabayan. Une cérémonie s'y tenait à l'occasion du 38e anniversaire de l'invasion soviétique en Afghanistan quand une première explosion s'est produite, a déclaré le porte-parole adjoint du ministère de l'Intérieur Nasrat Rahimi. Ce centre se trouve près de l'Afghan Voice Agency, un média d'abord vu comme la cible de l'attaque.

Le porte-parole du ministère de la Santé Waheed Majroh a fait état de 41 morts, dont quatre femmes et deux enfants. Huit femmes figuraient également parmi les 84 blessés, dont la plupart «souffrent de brûlures», les autres étant des hommes, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Nasrat Rahimi avait auparavant mentionné un bilan de quarante morts et trente blessés, observant toutefois qu'il pouvait «encore monter».

Des femmes et des enfants

Cet attentat est le plus sanglant depuis celui ayant visé une mosquée chiite en octobre dernier, qui avait fait 56 morts et 55 blessés. Une action également revendiquée par l'EI. «Nous étions dans le hall, au second rang, quand l'explosion s'est produite derrière nous. (...) Après cela, il y a eu du feu et de la fumée dans la salle», a raconté Mohammad Hasan Rezayee, un étudiant, lui-même brûlé au visage et aux mains.

«C'était le chaos. Tout le monde hurlait et pleurait. Les gens étaient paniqués. Les gens demandaient de l'aide», a-t-il poursuivi, ajoutant que des femmes et des enfants faisaient partie des victimes. Des photos postées sur la page Facebook de l'Afghan voice agency, voisine, montrent la cour de ce média constellée de débris avec une demi-douzaine de corps alignés par terre, l'un d'entre eux en sang.

Sabir Nasib, le directeur de l'hôpital Istiqlal, a indiqué à une télévision locale que 18 blessés avaient été emmenés dans son établissement. «Cinq d'entre eux sont dans un état critique et nos médecins essaient de leur sauver la vie», a-t-il observé.

Crimes «impardonnables»

Dans cet hôpital, des dizaines de victimes, presque tous des Hazaras, l'unique ethnie chiite d'Afghanistan, pleuraient leurs proches, se frappant le visage, a constaté l'AFP. Certains se roulaient à terre, s'arrachant les cheveux. D'autres hurlaient contre le gouvernement, incapable selon eux des les protéger.

«Les terroristes ont encore une fois commis des crimes contre l'humanité en attaquant des mosquées, des lieux saints et des centres culturels. Leurs crimes sont impardonnables», a estimé le président afghan Ashraf Ghani dans un communiqué.

(L'essentiel/nxp/ats/afp)