Yémen

01 août 2019 18:25; Act: 01.08.2019 18:43 Print

Au moins 49 morts dans deux attaques à Aden

Les forces formées par les Émirats arabes ont été victimes d'un tir de missile et d'une attaque à la voiture piégée, dans la ville portuaire yéménite.

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Au moins 49 personnes, dont de nombreux policiers, ont été tuées jeudi, dans deux attaques, contre des forces formées par les Émirats arabes unis à Aden, dans le sud du Yémen en guerre. L'une des attaques a été revendiquée par les rebelles Houthis.

Voiture piégée

«49 personnes ont été tuées et 48 blessées», a déclaré à la presse Mohammed Rabid, haut responsable du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Il n'a pas précisé le nombre de policiers parmi les morts et les blessés, alors qu'un précédent bilan faisait état de 27 morts, en majorité des policiers.

À Aden, dans le quartier central de Cheikh Othman, une voiture piégée a explosé à l'entrée d'un QG des forces de l'ordre, au moment où les policiers se rassemblaient pour saluer le drapeau national, selon des responsables des services de sécurité. Ceux-ci ont assuré que l'attaque a été menée par des djihadistes.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui gère l'hôpital où ont été transportées les victimes, a affirmé sur Twitter que «dix personnes ont été tuées» et seize blessées, dont deux grièvement. Un premier bilan, donné par un docteur de cet hôpital, faisait état de trois policiers tués et 20 blessés.

Remise de diplôme

Non loin, à la périphérie ouest d'Aden, ville où siège le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, une autre attaque a visé la caserne d'Al-Jalaa, cette fois revendiquée par les Houthis qui s'opposent aux forces pro-gouvernementales. Selon un bilan établi annoncé de sources médicales, cette attaque a fait «17 tués parmi les policiers et de nombreux blessés».

Sur leur chaîne de télévision Al-Massirah, les rebelles Houthis ont affirmé avoir mené l'attaque à l'aide d'un missile et d'un drone. Ils ont ciblé une parade organisée dans la caserne à l'occasion de la remise de diplôme à des policiers fraîchement formés.

Un haut gradé de la police, le général Mounir al-Yafyi, a été tué sur le coup, touché par des éclats du missile tombé près d'une tribune, selon un photographe de l'AFP sur place. Des corps gisaient sur le sol, a-t-il précisé, comptant entre 30 et 35 personnes tuées ou blessées.

Calme relatif

Le gouvernement, reconnu par la communauté internationale, a condamné la double attaque. Les forces visées jeudi appartiennent à la force dite de la «Ceinture de sécurité», entraînée et équipée par les Émirats arabes unis, l'un des piliers de la coalition, menée par l'Arabie saoudite, et qui intervient au Yémen contre les rebelles depuis mars 2015.

Les attaques interviennent alors que début juillet les Émirats arabes unis ont annoncé leur intention de réduire leurs troupes au Yémen pour passer d'une «stratégie» de guerre à une logique de «paix».

Ces dernières années, Aden, capitale «provisoire» du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa par les rebelles Houthis, a été le théâtre d'une série d'attentats ayant tué des centaines de personnes, certains ayant été revendiqués par l'EI, d'autres par Al-Qaïda. Mais jusqu'aux attaques de jeudi, cette grande ville du sud avait connu une période de calme relatif, le dernier attentat suicide remontant à juillet 2018.

(L'essentiel/afp)