Peine capitale pour Tsarnaev
24 juin 2015 17:32; Act: 24.06.2015 17:41 Print
«Au moins tu ne feras plus de mal à personne»
Djokhar Tsarnaev, reconnu coupable des attentats de Boston, s'est vu formellement imposer la peine capitale mercredi. Des proches des victimes ont pu s'adresser à lui.
L'audience a commencé à 9h40 (16h40 au Luxembourg) et plus d'une vingtaine de victimes des attentats ou de proches devaient s'y exprimer avant que le juge fédéral George O'Toole ne prononce formellement la sentence, décidée le 15 mai par un jury populaire. La première à parler a été la mère d'une jeune femme tuée dans les attentats, Krystle Campbell. «La vie est dure. Mais les choix que tu as faits étaient ignobles. Ce que tu as fait à ma fille était répugnant», a lancé Mme Campbell, la voix nouée par l'émotion, ajoutant qu'elle ne savait pas quoi lui dire. «Au moins tu ne feras plus de mal à personne», a ajouté le père de Krystle, Bill Campbell. La salle d'audience était pleine à craquer.
«Il aurait pu arrêter son frère, il aurait pu changer d'avis», a ensuite déclaré le père de la plus jeune victime, Martin Richard, 8 ans. «Il aurait pu parler à la police. Mais il n'a rien fait pour éviter ça. Il a choisi la haine, la destruction, la mort. Il est complètement responsable», a ajouté M. Richard, rappelant qu'il aurait préféré la réclusion à perpétuité, pour que Tsarnaev ait le temps de «se réconcilier» avec ce qu'il a fait.
Aucun remords
Djokhar Tsarnaev a écouté sans réaction alors qu'une autre victime lui disait que c'était le moment pour lui de montrer des remords. Il n'a jamais parlé durant son procès, qui a duré deux mois et demi, du 4 mars au 15 mai. En dépit de témoignages bouleversants, l'ancien étudiant, qui avait obtenu la citoyenneté américaine en 2012, n'a jamais montré la moindre émotion, sauf une fois brièvement, face aux larmes d'une vieille tante venue de Russie pour témoigner. Il n'a pas non plus exprimé publiquement de remords.
Mais une religieuse catholique, célèbre opposante de la peine de mort, sœur Helen Prejean, qui lui a rendu visite en prison, avait affirmé au procès qu'il en avait. Elle avait témoigné qu'il lui avait confié, à propos des victimes: «personne ne devrait souffrir comme elles ont souffert».
Les attentats du marathon de Boston (nord-est), étaient les plus graves dans un espace public aux États-Unis depuis le 11-Septembre. Ils avaient fait trois morts et 264 blessés le 15 avril 2013, quand deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d'arrivée, transformant en carnage un événement très populaire, rassemblant des dizaines de milliers de spectateurs. Dix-sept blessés avaient dû être amputés, parfois des deux jambes. Plusieurs ont témoigné au procès, plusieurs ont encore parlé mercredi.
(L'essentiel/AFP)

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