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28 octobre 2018 11:28; Act: 29.10.2018 13:51 Print

Au Yémen, la famine frappe les enfants

La situation humanitaire devient catastrophique au Yémen, la famine menaçant la moitié de la population. Les enfants sont en première ligne.

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Le Yémen vit une situation dramatique depuis le début du conflit, il y a quatre ans. (photo: AFP/Mohammed Huwais)

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Ahmed Hassan hurle de douleur au moment où le médecin le pose délicatement sur une balance pour le peser. Le visage et le corps décharnés, ce bébé yéménite de quelques mois est affamé. À l'hôpital Sabaeen de Sanaa, les infirmières préparent du lait en poudre et remplissent des seringues, rationnant ainsi les portions données aux enfants malnutris. Parfois incapables d'avaler tellement leur corps est affaibli, les enfants sont nourris à l'aide de sondes. «La vie est devenue très difficile mais nous faisons de notre mieux, compte tenu des circonstances», confie Oum Tarek, dont le bébé de neuf mois est pris en charge pour malnutrition. Son bébé, raconte-t-elle, est tombé malade car elle n'avait plus les moyens de lui acheter du lait en poudre.

Les quatre années de guerre entre le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis ont plongé le pays au bord d'une «famine géante et imminente», selon l'ONU qui estime que 14 millions de personnes (la moitié de la population) pourraient en être victimes. Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a affirmé lundi que le risque de famine au Yémen est «plus important que tout ce qu'un professionnel du secteur a pu voir au cours de sa carrière professionnelle». À l'hôpital de Sabaeen, le pédiatre Charaf Nachwan affirme que certaines familles n'ont même pas les moyens de payer le transport pour arriver à la clinique.

Depuis l'intervention en mars 2015 d'une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite, le conflit a fait selon l'ONU près de 10 000 morts, des ONG de défense des droits humains estimant que le bilan serait cinq fois plus important. L'ONU a réclamé cette semaine «un cessez-le-feu humanitaire» autour des installations participant à la distribution d'aide alimentaire, mais ni les rebelles soutenus par l'Iran, ni Riyad et ses alliés ne semblent avoir répondu à l'appel. Les deux parties se disputent le contrôle du pays, qui partage une frontière avec l'Arabie saoudite et possède plusieurs ports stratégiques.

(L'essentiel/afp)