Aux États-Unis

26 novembre 2020 08:27; Act: 26.11.2020 11:37 Print

Biden face à l'Iran, la Corée du Nord, la Russie...

Relation avec Iran, Corée du Nord, Russie... le président élu veut en finir avec «l’Amérique d’abord» et mise sur le «retour» d’une Amérique «prête à guider le monde».

storybild

Joe Biden pourrait revenir à une ligne moins conciliante avec Israël et l’Arabie saoudite, choyés comme jamais par Trump. Il s’est aussi engagé à être beaucoup plus dur avec Poutine. (photo: KEYSTONE)

Sur ce sujet
Une faute?

Le président élu des États-Unis, Joe Biden, et son équipe diplomatique, ont promis de rétablir le leadership américain dans le monde. Au-delà des intentions générales, ils seront immédiatement attendus sur une série de dossiers internationaux complexes. Pendant la campagne et depuis son élection, l’ancien vice-président de Barack Obama met l’accent sur sa volonté d’en finir avec «l’Amérique d’abord» de Donald Trump, pour proclamer le «retour» d’une Amérique «prête à guider le monde».

Des propos qui ont rassuré les alliés européens ainsi qu’une grande partie de la communauté diplomatico-académique de Washington, mais qui ne disent pas clairement comment il va gérer les crises qui l’attendront dès le 20 janvier.

Chine et Russie: «Ferme», mais comment?

«Les États-Unis doivent être fermes avec la Chine»: Joe Biden a annoncé la couleur, comme en réponse à Donald Trump, qui l’accusait d’être «faible» et facilement manipulable. Représentant d’une classe dirigeante qui a longtemps prôné la coopération avec Pékin, le futur président veut montrer qu’il s’est adapté au consensus émergent côté américain en faveur d’une compétition sans concessions avec l’autre superpuissance.

Reste à mettre en musique cette stratégie et à trouver, comme la nouvelle équipe en affiche l’intention, un juste milieu entre la confrontation idéologique aux accents de guerre froide menée par l’actuel secrétaire d’État, Mike Pompeo, et la nécessité de coopérer sur des défis planétaires, comme la pandémie et le changement climatique.

À l’inverse, avec la Russie, Joe Biden s’est engagé à se montrer beaucoup plus dur que Donald Trump, qui n’a jamais caché son envie d’entretenir de bonnes relations avec Vladimir Poutine. Mais il risque d’être rapidement contraint de dialoguer avec Moscou sur plusieurs dossiers internationaux, à commencer par le contrôle des armements.

Iran: l’impossible retour à 2015

L’Iran a multiplié les appels à un retour à la situation qui prévalait avant que Donald Trump quitte l’accord international de 2015 pour empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire: Washington lève les sanctions imposées depuis 2018 et Téhéran revient dans les clous de l’accord. Sur le papier, le deal semble conforme au programme de Joe Biden, qui dit vouloir renouer avec cet accord négocié par l’administration Obama.

Mais un simple retour en arrière s’annonce impossible. En Europe comme en Amérique, même les colombes s’accordent à dire que l’accord doit être durci, et élargi à des thèmes brûlants comme les missiles balistiques iraniens et l’attitude jugée «déstabilisatrice» de l’Iran au Moyen-Orient.

Quand bien même Téhéran accepterait de négocier, les tractations s’annoncent ardues, d’autant que les durs du régime semblent en position de force en vue de la présidentielle iranienne de juin.

Moyen-Orient, alliances revisitées

Joe Biden pourrait revenir à une ligne moins conciliante avec Israël et l’Arabie saoudite, choyés comme jamais par Donald Trump. Mais là aussi, difficile de prédire où il placera le curseur. S’il a fait savoir qu’il maintiendrait l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, où le président sortant l’a transférée en rupture avec le consensus international, il n’est pas clair s’il reviendra ou pas sur l’avalanche d’autres décisions unilatérales favorables à l’État hébreu prises depuis quatre ans.

Ni jusqu’où il poussera le bras de fer avec Ryad en matière de droits humains.

Afghanistan: probable continuité

Le président élu hérite d’un accord conclu par son prédécesseur avec les talibans, qui prévoit le retrait total des troupes américaines d’Afghanistan d’ici mi-2021. Sur ce dossier, une certaine continuité est assumée: Joe Biden veut aussi mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis.

Mais il souhaite maintenir une unité contreterroriste sur place afin d’éviter le chaos provoqué par le retrait d’Irak sous la présidence Obama. Certains experts redoutent qu’un tel changement, même minime, ne fasse capoter l’entente avec les talibans.

Corée du Nord: l’accalmie jusqu’à quand?

Lorsque Barack Obama avait briefé Donald Trump fin 2016, il l’avait mis en garde: les ambitions nucléaires de la Corée du Nord constituaient la menace la plus immédiate. Quatre ans plus tard, la tension est retombée, grâce au choix spectaculaire du milliardaire républicain de nouer une relation chaleureuse directe avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Mais cette stratégie a échoué à freiner la course atomique de Pyongyang – tout comme avait échoué la diplomatie traditionnelle que Joe Biden veut remettre au goût du jour. Et l’accalmie pourrait faire long feu, la Corée du Nord voyant dans le futur locataire de la Maison-Blanche un «chien enragé» qu’il faudrait «battre à mort».

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • j-pierre le 26.11.2020 09:58 Report dénoncer ce commentaire

    L'Europe n'a pas besoin de guides, mais de partenaires avec lesquels elle peut négocier de bons accords pour le bien des populations.

  • James Oconno le 26.11.2020 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    " l’attitude jugée «déstabilisatrice» de l’Iran au Moyen-Orient" il suffit de le répéter 10 fois tous les jours et ça devient une réalité évidente dans les médias. On oublie du coup qui sont les vrais forces déstabilisatrices de la région et dans la région.

  • Xavier le 26.11.2020 09:35 Report dénoncer ce commentaire

    On va havoir une guerre mondial bien sur au nom des droits humaines. La machine est en marche les médias son heureux avec les globalistes. On diabolises les russes et tous pas conforme les règles globalisteset si çà marche pas la guerre est la solucion. Il faut savoir dans quelles pays des systèmes comme dominion sont operacionales c'est étrange voir toujours les mêmes partis au pouvoir.

Les derniers commentaires

  • vdv le 27.01.2021 16:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les américains sont tombés bien bas, avec Obama il n’a rien fait, alors maintenant qu’il est gaga sa va rigoler

  • TontonB le 26.11.2020 14:31 Report dénoncer ce commentaire

    Tout cela fait craindre le pire. Trump était pacifique. Ici, en plus du covid on aura droit à la guerre dans le monde. L'état de grâce semble fini et on va vite regretter Trump.

  • georgette le 26.11.2020 13:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avec lui et sa clique on est sure d’avoir une guerre dans les prochaines années.

  • Ginette Hornerung le 26.11.2020 12:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Face à l'expansionnisme de la RPC de Pékin et la menace constante de la Russie pour nos démocraties, l'Occident doit être uni pour combattre ces menaces ...

    • TontonB le 26.11.2020 14:31 Report dénoncer ce commentaire

      C'est l'Occident la menace.

  • James Oconno le 26.11.2020 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    " l’attitude jugée «déstabilisatrice» de l’Iran au Moyen-Orient" il suffit de le répéter 10 fois tous les jours et ça devient une réalité évidente dans les médias. On oublie du coup qui sont les vrais forces déstabilisatrices de la région et dans la région.