Seconde Guerre mondiale

03 juin 2019 09:52; Act: 03.06.2019 14:30 Print

Bill, un GI de 17 ans venu libérer le Luxembourg

LYNCHBURG/LUXEMBOURG - Bill Sisk a seulement 17 ans quand il débarque, le 6 juin 1944 en France, à Utah Beach. Son unité a ensuite avancé. 75 ans après il raconte.

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Herbert «Bill» Sisk s'est engagé dans l'armée américaine en 1943, à 16 ans, après avoir menti sur son âge. Avant de traverser l'Atlantique et progresser en Europe pour chasser les nazis. (photo: AFP)

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Encore vigoureux à 92 ans, l’œil pétillant, Bill Sisk raconte son histoire avec une modestie désarmante. «Si vous cherchiez un héros, vous ne l'avez pas trouvé», glisse le tranquille retraité, installé à Lynchburg, à 300 kilomètres au sud de Washington. Herbert «Bill» Sisk est encore au lycée de Lynchburg quand il s'engage dans l'armée américaine en 1943, à 16 ans, après avoir menti sur son âge. Après neuf semaines de formation au lieu de quatre mois, il est intégré à la 90e division d'infanterie de l'armée de terre et embarque avec 15 000 autres soldats à bord du Queen Elizabeth, pour une traversée de l'Atlantique semée d’embûches.

Peu après son arrivée à Glasgow (Écosse), son unité - le 359e régiment d'infanterie - est transférée à Cardiff (Pays de Galles) où il reçoit une formation d'opérateur radio. Il ne sait alors rien de la date, ni du lieu du débarquement. «Chaque jour on s'entraînait et on revenait. Un jour, on est partis et on n'est pas revenus», raconte-t-il. Bill a seulement 17 ans quand il débarque, le 6 juin 1944, à Utah Beach en France.

Il débarque dans l'après-midi, alors que la plage est sécurisée et nettoyée de ses morts. Il transporte un énorme poste de radio, l'ancêtre du talkie-walkie, dans un sac à dos. Il a 18 ans trois jours après le débarquement. Son unité est dirigée vers Sainte-Mère-Église mais la progression est lente. À Mont Castre, point culminant de la région, il est blessé à une jambe alors qu'il se prépare à manger son premier repas chaud depuis des jours. Il est évacué vers l'Angleterre où il échappe de peu à l'amputation et où il restera quatre mois avant de rejoindre près de Paris la 90e division dirigée par le général George Patton.

Son unité est envoyée à l'Est, à la poursuite des nazis. Elle libère le Luxembourg en septembre après plus de quatre ans d'occupation, avant de prendre Francfort et de poursuivre sa progression vers le Nord-Est. C'est elle qui découvrira l'or des Nazis dans les mines de sel des Merkers le 4 avril 1945. Peu après, elle tombe sur le camp de concentration de Flossenbürg. Le jeune Bill, choqué par ce qu'il découvre, avait emporté un appareil photo. Ses clichés, qu'il a conservés, montrent des visages hagards derrière des barreaux, les fosses communes, la porte du four devant laquelle une chaussure a été oubliée.

Une expérience difficile pour un soldat encore adolescent? «Oh, oui... On grandit très très vite», répond-il pudiquement. À son retour à Lynchburg après la guerre, Bill reprend ses études, passe son bac, décroche un diplôme d'économie et trouve un emploi dans une chaîne de grands magasins. Il se marie, a deux enfants et fait construire la maison où il vit encore. Quand on lui demande pourquoi il a décidé si jeune, comme d'autres Américains, d'aller se battre si loin des siens, dans des pays qu'il ne connaissait pas, il hausse les épaules. «Je ne pense pas que nous ayons beaucoup réfléchi», dit-il.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Alien 54 le 03.06.2019 12:20 Report dénoncer ce commentaire

    bravo a Mr Bill et longue vie a vous... encore merci pour votre engagement dans ces sombres années pour que nous puissions vivre libre

  • Jacques le 03.06.2019 13:10 Report dénoncer ce commentaire

    Les opposants et résistants luxembourgeois ont eux aussi payé un lourd tribut pour que le grand Duché soit libre. On l'a trop vite oublié. De nos jour on préfère se lamenter sur le manque de reconnaissance de la langue à l'international.

  • sylvye le 03.06.2019 13:35 Report dénoncer ce commentaire

    encore une mémoire en vie !!!!!!super. !!!!!!

Les derniers commentaires

  • Merci le 03.06.2019 22:05 Report dénoncer ce commentaire

    Monsieur, merci infiniment à vous et à vos nombreux compagnons de combat !

  • Citoyen 57 le 03.06.2019 16:41 Report dénoncer ce commentaire

    Mes respects Monsieur. Il a peut etre croisé notre Gi de Yutz le Lieutenant colonel Albert Cardamon du corps médical de l 'armée américaine qui en janvier 1945 soignait les bléssés de guerre à l Abbaye Sainte Maurice prés de Clairvaux au Luxembourg.Ce GI est revenu en 1974 à Yutz et y a épousé une dame qu il avait connu en 1944! et s'est définitivement installé dans la commune.Le 22 septembre 2017 une rue a été inauguré à son nom il me semble 10 ans aprés son décés. N'oublions jamais ceux qui nous ont libérés loin de leur patrie.

  • xela27 le 03.06.2019 15:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

  • Le Suisse le 03.06.2019 15:28 Report dénoncer ce commentaire

    Bon article.

  • private ryan le 03.06.2019 14:03 Report dénoncer ce commentaire

    merci a tous!!!!!