Conflit au Proche-Orient

02 avril 2018 12:34; Act: 02.04.2018 12:33 Print

Blessé par balles à Gaza, cet ado «ne regrette pas»

Bassel al-Helo, jeune manifestant blessé par des tirs de soldats israéliens vendredi grimace de douleurs sur son lit d'hôpital, mais il assure, catégorique: «je ne regrette pas».

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Ce jeune Palestinien a été blessé lors d'affrontements avec des soldats israéliens près de la frontière entre Gaza et Israël.

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Cet adolescent de 16 ans a été atteint à la jambe. Il lui faudra sans doute des années pour se rétablir. Mais cela n'entame pas sa détermination à manifester encore et encore. «Je ne regrette pas», affirme-t-il, sous le regard résigné de sa mère. Dans l'hôpital Shifa à Gaza, des jeunes Palestiniens blessés le même jour que Bassel sont alités et entourés de leur famille. Gaza a connu vendredi sa journée la plus sanglante depuis la guerre de l'été 2014: 17 Palestiniens ont trouvé la mort et des centaines ont été blessés, la majorité par des tirs à balles réelles, durant une manifestation émaillée d'incidents avec des soldats israéliens postés le long de la frontière.

Les Palestiniens et des organisations de défense de droits de l'Homme dénoncent un usage disproportionné de la force contre des protestataires ne menaçant pas la vie des soldats israéliens. Selon l'hôpital Shifa, plus de 800 Palestiniens ont été blessés par des tirs de soldats israéliens depuis vendredi, premier jour d'une protestation censée durer six semaines pour réclamer le droit au retour des réfugiés palestiniens. À l'hôpital, certains blessés admettent avoir lancé des pierres, tandis que d'autres affirment avoir été visés juste parce qu'ils se trouvaient là.

Juste «pour voir»

Beaucoup disent n'avoir rien à perdre dans une enclave sous blocus et sombrant dans le dénuement et, qu'une fois remis de leurs blessures, ils retourneront manifester. «J'étais à proximité de la frontière. Soudain, il y a eu des tirs intenses et des gens ont commencé à tomber devant moi, y compris un ami. Lorsque j'ai voulu l'aider, j'ai été touché», se souvient Bassel. «Je suis allé sur place pour voir et exprimer ma solidarité», explique l'adolescent, assurant n'avoir pas jeté de pierres.

L'Union européenne et le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ont appelé à la création d'une commission d'enquête indépendante sur l'usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l'Etat hébreu. L'armée assure que plus de la moitié des manifestants tués étaient membres de groupes radicaux. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza et ennemi juré d'Israël, a reconnu que cinq des personnes tuées faisaient partie de sa branche armée.

(L'essentiel/afp)