Amazonie

31 août 2019 10:12; Act: 31.08.2019 15:04 Print

Bolsonaro s'en prend à l'Europe et aux stylos Bic

Le président brésilien estime que l'Europe n'a pas de leçon à lui donner sur l'Amazonie et annonce vouloir boycotter la marque Bic française.

Jair Bolsonaro.

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Le président Jair Bolsonaro a estimé vendredi que l'Europe n'avait «pas de leçon à donner» au Brésil sur l'Amazonie, tandis que son ministre des Affaires étrangères se réjouissait que son pays et les États-Unis soient «sur la même longueur d'ondes» après une entrevue avec Donald Trump. Le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et Eduardo Bolsonaro, le fils député du président et possible futur ambassadeur à Washington, se sont rendus vendredi à la Maison blanche, à la recherche de soutien alors que le Brésil est depuis une semaine sous une intense pression internationale.

Les deux hommes se sont entretenus une trentaine de minutes avec le président américain. «Les gouvernements sont sur la même longueur d'ondes», a assuré ensuite à la presse Ernesto Araujo, se félicitant que «pour la première fois» le président américain reçoive des officiels n'ayant pas le rang de président ou de chef d'État. Selon le ministre brésilien, «les gouvernements partagent le point de vue que les pays sont souverains sur leur territoire» et que les feux dans la plus vaste forêt tropicale du monde ne doivent pas être «un prétexte pour promouvoir l'idée d'un comité international pour gérer l'Amazonie».

Nouveaux feux

Le président américain avait félicité mardi Jair Bolsonaro, estimant qu'«il travaillait très dur» dans la lutte contre les incendies en Amazonie, prenant totalement le contrepied des autres membres du G7. Il avait exprimé le «soutien sans réserve» des États-Unis au Brésil. Sur le terrain, les feux continuaient de progresser, malgré une interdiction temporaire des brûlis et la mobilisation depuis le week-end dernier de 18 avions et 3 900 hommes en Amazonie.

Quelque 2 300 nouveaux départs de feu ont ainsi été enregistrés au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE), dont près de 1 500 dans les neuf États d'Amazonie. Le total des incendies enregistrés dans le pays depuis janvier est de plus de 87 000, au plus haut depuis l'année 2010, où plus de 132 000 avaient été relevés sur la même période.

Le Para est l'État le plus affecté avec 587 nouveaux feux en 24 heures (67%). Dans le Rondônia, où l'armée a concentré ses efforts, 67 nouveaux foyers ont été relevés, trois fois plus que la veille. Il «n'est pas vrai» que la forêt amazonienne soit «en feu», avait affirmé jeudi soir M. Bolsonaro sur Facebook, tout en assurant que «les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années». Le président d'extrême droite a accusé la presse brésilienne de «nourrir» l'inquiétude internationale à ce sujet.

«Retour à la normalité»

Vendredi, il s'en est pris à l'Europe. Il a estimé qu'elle «n'avait pas de leçon à donner» au Brésil sur l'environnement. Jair Bolsonaro a annoncé à des journalistes à Brasilia qu'il devait s'entretenir au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il a ajouté avoir perçu chez elle un désir «de retour à la normalité», après des échanges tendus lorsque l'Allemagne a suspendu début août une partie de ses subventions à la préservation de l'Amazonie.

Jair Bolsonaro avait conseillé à la chancelière de «reboiser l'Allemagne». Il a répondu au journaliste qui l'interrogeait sur ses derniers propos: «Elle (Mme Merkel) ne veut pas avoir une relation amoureuse avec moi, et toi tu veux compliquer les choses. Ce n'est pas seulement l'Allemagne, mais toute l'Europe qui n'a pas de leçon à nous donner sur l'environnement». Le président brésilien a ajouté être «prêt à parler avec un pays ou un autre, sauf (avec) notre cher Macron, tant qu'il ne se rétractera pas sur la souveraineté (du Brésil) sur l'Amazonie».

Bic boycotté

Jair Bolsonaro demande depuis trois jours que le président français Emmanuel Macron, qui avait estimé que la question de la souveraineté sur l'Amazonie était ouverte, retire ses «insultes». Le Brésil abrite 60% de la forêt amazonienne. Vendredi soir, Jair Bolsonaro a affirmé qu'il allait cesser d'utiliser les stylos Bic, une marque «française», pour signer les documents officiels.

Il n'a pas accepté une aide de 20 millions de dollars du G7 pour l'Amazonie, exigeant comme préalable à toute discussion une rétractation de M. Macron.

(L'essentiel/afp)