Santé

14 septembre 2015 15:52; Act: 14.09.2015 16:44 Print

Cancer du col: les vaccins ne sont pas dangereux

Les vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV), contestés par certains, ne sont pas responsables de sclérose en plaques, ni d'autres maladies auto-immunes.

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Les jeunes filles sont en général vaccinées entre 11 et 14 ans (photo: AFP)

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Les résultats d'une étude portant sur plus de 2 millions d'adolescentes, menée conjointement par l'Assurance Maladie et l'Agence française du médicament (ANSM), «sont rassurants» et confirment les données d'autres études, notamment internationales, sur le risque de survenue de maladies auto-immunes après cette vaccination, souligne l'agence sanitaire. Au total, «les bénéfices attendus de cette vaccination en termes de santé publique restent bien plus importants que les risques auxquels elle peut exposer les jeunes filles», ajoute-t-elle.

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains vise à protéger contre les maladies provoquées par ces virus : lésions précancéreuses du col de l'utérus, de la vulve, du vagin et de l'anus, ainsi que verrues génitales («crêtes de coq»). Elle ambitionne également de prévenir à terme le cancer du col de l'utérus et de l'anus. La contamination se fait le plus souvent dans les premières années de la vie sexuelle. Les vaccins concernés, le Gardasil du franco-américain Sanofi Pasteur MSD, et le Cervarix de GlaxoSmithKline (GSK) sont sous surveillance renforcée des autorités françaises et européennes depuis leur commercialisation. À ce stade, cette surveillance n'a pas remis en cause la balance entre bénéfices et risques, note l'ANSM.

Risque «limité»

Cette nouvelle étude a porté sur les jeunes filles affiliées au régime général de la Sécurité sociale, âgées de 13 à 16 ans révolus entre janvier 2008 et décembre 2012, soit plus de 2,2 millions d'adolescentes. Parmi elles, environ 840 000 avaient été vaccinées contre les infections à HPV et 1,4 million n'avaient pas été vaccinées, précise l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Toutefois, l'étude relève une augmentation «probable» du risque de syndrome de Guillain-Barré (une atteinte des nerfs) après vaccination. Un risque qui reste «limité, compte tenu de la rareté de la maladie: de l'ordre de 1 à 2 cas supplémentaires pour 100 000 jeunes filles vaccinées». Ce risque, qui est d'ailleurs mentionné sur la notice du Gardasil, ne remet pas en cause la balance bénéfice-risque de la vaccination, affirme l'ANSM.

Caractérisé par une faiblesse débutant le plus souvent au niveau des jambes, voire par une paralysie, ce syndrome est fréquemment lié à une infection. Mais il a été constaté aussi après des vaccins. Il «évolue sans séquelles neurologiques dans la grande majorité des cas (90% à 100% des cas chez l'enfant et l'adolescent)», explique l'Agence.

(L'essentiel/AFP)