Manifestations à Hong Kong

22 septembre 2019 15:59; Act: 23.09.2019 13:50 Print

Centre commercial bloqué, métro vandalisé

Les manifestants pro-démocratie n'ont pu se réunir à l'aéroport, dimanche. Ils se sont rabattus sur un centre commercial. La police a fait usage de balles en caoutchouc.

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Des policiers ont tiré des balles en caoutchouc au cours d'affrontements dimanche, à Hong Kong, avec des manifestants pro-démocratie, près d'un centre commercial qu'ils avaient investi. Une action prévue à l'aéroport a quant à elle été contrecarrée.

Les forums de messageries utilisés par le mouvement de contestation avaient invité les manifestants à «tester» les capacités de résistance de l'aéroport, en perturbant les liaisons ferroviaires et routières et en occupant les bâtiments. Afin d'éviter que les manifestants n'arrivent en trop grand nombre et de faire échouer cette action, les liaisons ferroviaires et routières avec l'aéroport avaient été réduites et les contrôles de police renforcés.

Dimanche, pour le seizième week-end de mobilisation, des milliers de manifestants se sont donc rassemblés dans un centre commercial situé à Sha Tin, au nord de la ville. Ils ont notamment entonné des chansons et confectionné des origamis. «Même si nous sommes très fatigués, nous ne pouvons pas renoncer à nos droits», a expliqué Mme Ching, une enseignante participant à ce rassemblement. «Si ce mouvement dure 100 jours, 200 jours ou même 1 000 jours et que nous n'obtenons toujours pas ce que nous voulons, nous continuerons à sortir».

Drapeau chinois dans une rivière

La situation a commencé à se tendre plus tard dans l'après-midi. Des militants appartenant à des groupuscules radicaux, le visage caché par un masque, se sont fait passer un drapeau chinois arraché d'un immeuble voisin appartenant au gouvernement. L'étendard a ensuite été jeté dans une rivière située à proximité.

Des militants ont par la suite vandalisé des distributeurs de tickets dans la station de métro de Sha Tin. La police antiémeute est alors intervenue, en fermant les accès. Peu avant, les chaînes de télévision hongkongaises ont diffusé des images d'un homme, souffrant de contusions et de coupures au niveau du visage, être harangué par des manifestants pro-démocratie à l'intérieur de la station. Dans la soirée, des heurts ont éclaté à l'extérieur du centre commercial entre protestataires et forces de l'ordre. Ceux-ci ont alors brièvement fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour les disperser.

Gaz lacrymogène et canons à eau

Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des manifestations et actions, qui ont parfois dégénéré en violents affrontements entre radicaux et forces de l'ordre, ont lieu quasi quotidiennement depuis plus de trois mois. Les manifestants dénoncent le recul des libertés et les ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-autonome.

Samedi, la police et des manifestants se sont brièvement affrontés dans une ville située près de la frontière chinoise. Les forces de l'ordre ont eu recours au gaz lacrymogène et aux canons à eau contre des groupuscules radicaux qui ont érigé des barricades et jeté des pierres et des cocktails Molotov. De nombreux manifestants ont été interpellés pendant ces affrontements qui ont cependant été moins intenses que les précédents week-ends.

Dans le même temps, trois militants pro-démocratie Joshua Wong, Denise Ho et Brian Leung, ont réitéré samedi à Washington leur détermination à poursuivre la lutte. Selon eux, Hong Kong est devenu un «État policier» où les forces de l'ordre, pilotées par Pékin, n'ont pour mission que d'étouffer la contestation populaire légitime. Depuis quelques jours, les appels à manifester et à la grève se multiplient sur internet à quelques jours du 28 septembre, la date anniversaire du début du «Mouvement des parapluies» de 2014, et du 1er octobre, quand sera marqué le 70e anniversaire de la fondation de la République de la Chine.

(L'essentiel/afp)