Tuerie de masse

17 mars 2019 14:12; Act: 17.03.2019 14:21 Print

Christchurch a rendu hommage aux victimes

La Nouvelle-Zélande se recueillait dimanche pour rendre hommage aux 50 personnes tuées dans l'attentat contre deux mosquées perpétré par un extrémiste de droite.

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Les Néo-Zélandais multipliaient dimanche les hommages émouvants à la mémoire des 50 fidèles tués vendredi dans deux mosquées de Christchurch. De nombreux habitants de Christchurch ont recommencé dimanche à sortir de chez eux pour aller déposer fleurs et mots près des deux lieux de culte pris pour cible par Brenton Tarrant, un extrémiste australien de 28 ans qui, lors de son inculpation samedi, a fait de la main un signe de reconnaissance des suprémacistes blancs.

«Nous nous tenons aux côtés de nos frères et sœurs musulmans», peut-on lire sur une grande banderole près d'un des sites où s'empilent des fleurs dans un mémorial improvisé. Dans tout le pays, un élan de solidarité interconfessionnelle a été observé, avec notamment des millions de dollars de dons et des achats de nourriture halal destinés aux victimes. Des fidèles de l'Église anglicane de Christchurch ont prié dimanche dans leur «cathédrale en carton» bâtie après le terrible séisme de 2011. «Nous avons appris que dans les temps d'épreuves, il était bon de se retrouver ensemble», a déclaré le doyen Lawrence Kimberley.

Témoignages de survivants

Les autorités se préparaient dimanche à remettre les premières dépouilles des victimes à leurs familles, de plus en plus impatientes de procéder aux funérailles. La coutume musulmane prévoit l'inhumation du corps dans les 24 heures suivant le décès. «On fait un scan de tous les défunts, leurs empreintes sont relevées, on retire les objets qu'ils portaient ou avaient sur eux», a expliqué la Chief Coroner Deborah Marshall, qui dirige l'enquête. La Première ministre Jacinda Ardern, qui a fait deux apparitions publiques, un voile noir sur ses cheveux pour témoigner sa solidarité à la communauté musulmane, a annoncé dimanche que les premières dépouilles seraient restituées dimanche soir, et les dernières d'ici mercredi.

Quarante-huit heures après la tragédie, les rescapés ont commencé à témoigner. Comme Abdul Aziz, Australien d'origine afghane, qui était avec ses quatre enfants dans la mosquée de Linwood. Après avoir entendu un de ses fils lui crier de se mettre à l'abri dans la mosquée, Abdul s'est emparé d'un fusil vide laissé par le tueur en lui criant plusieurs fois «Viens par ici!» dans le but de l'éloigner de la mosquée. «Je voulais juste sauver autant de vies que possible, quitte à perdre la mienne», a-t-il dit. Abdul Aziz a continué à poursuivre le tireur qui s'enfuyait en voiture avant d'être interpellé.

(L'essentiel/afp)