Cité antique

28 mars 2016 17:32; Act: 29.03.2016 11:28 Print

Cinq ans pour restaurer les ruines de Palmyre

Le chef des Antiquités et des musées de Syrie a affirmé lundi qu'il faudrait cinq ans pour réhabiliter les monuments détruits ou endommagés à Palmyre occupée par l'EI.

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80% des ruines antiques seraient en bon état. (photo: AFP)

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«Si nous avons l'approbation de l'Unesco, il nous faut cinq ans pour restaurer les bâtiments détruits et endommagés par l'EI», a déclaré Maamoun Abdelkarim, au lendemain de la reprise de la ville de Palmyre (centre) par les forces prorégime. «Nous avons le personnel qualifié, nous avons le savoir-faire et nous avons les études, il faut bien sûr l'accord de l'Unesco et nous pourrons commencer les travaux dans un an», a-t-il ajouté.

Outre la citadelle du XIIIe siècle qui a été endommagée lors des combats pour la prise de la ville, les jihadistes ont détruit les magnifiques temples de Bêl et Baalshamin, l'arc de triomphe, des tours funéraires ainsi que le Lion d'al-Lât. M. Abdelkarim a toutefois souligné que «80% des ruines antiques étaient en bon état». «Mes collègues sont arrivés lundi à Palmyre et je leur ai demandé de procéder à une évaluation de l'état des pierres et de la vieille ville. Ils photographient et documentent les dommages, et ensuite la restauration pourra commencer», a-t-il expliqué.

D'autres priorités que la reconstruction

De son côté, Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d'experts de l'Unesco pour le patrimoine syrien, se dit «perplexe sur la capacité de reconstruire Palmyre» au vu des destructions considérables et des pillages sur le site et dans le musée, également «ravagé» par le groupe État Islamique.

«Tout le monde s'enflamme parce que Palmyre est "libérée" entre guillemets, mais il ne faut pas oublier tout ce qui a été détruit et la catastrophe humanitaire du pays. Je suis très perplexe sur la capacité, même avec l'aide internationale, de rebâtir le site de Palmyre», a indiqué cette historienne spécialiste du Moyen-Orient, membre du groupe d'experts constitué par l'Unesco en 2013 sur le patrimoine syrien.

«Quand j'entends dire qu'on va reconstruire le temple de Bêl, ça me paraît illusoire. On ne va pas reconstruire quelque chose qui est à l'état de gravats et de poussière. Construire quoi? un temple neuf? Il y aura peut-être d'autres priorités en Syrie avant de reconstruire des ruines», observe-t-elle.

(L'essentiel/AFP)