Irak/Syrie

28 août 2018 10:43; Act: 28.08.2018 12:26 Print

Défait, l'EI se réorganise pour survivre

Le groupe État Islamique tente de rester en vie après les défaites enregistrées en Syrie et en Irak, où il avait autoproclamé son califat.

storybild

L'État Islamique a enregistré de lourdes pertes depuis 2014.

Sur ce sujet
Une faute?

Le groupe État islamique (EI) est en pleine réorganisation pour tenter de survivre après les défaites cuisantes subies tant en Syrie qu'en Irak, où il avait autoproclamé son califat après s'être emparé en 2014 de vastes territoires. Quatre ans plus tard, chassé de la quasi-totalité de ces zones, le groupe ultraradical doit trouver «une nouvelle manière de faire, notamment pour recruter après de lourdes pertes», affirme à l'AFP, un responsable des services de sécurité irakien sous le couvert de l'anonymat.

La principale mesure est une réorganisation administrative pour le groupe qui se rêvait en «État», soulignent les experts. Finies les 35 «wilaya» (provinces, en arabe) qui quadrillaient le «califat» et au-delà. Après avoir perdu ses deux «capitales», Raqa en Syrie et Mossoul en Irak, l'EI n'évoque plus dans ses organes de propagande que six «wilaya». Et pour les désigner, il est revenu à des définitions territoriales connues: l'Irak, la Syrie, l'Asie de l'Est, le Tadjikistan, le Sinaï égyptien et la Somalie. Les «wilaya» de Mossoul, de Raqa ou encore de Kirkouk ont totalement disparu du discours du groupe d'Abou Bakr al-Baghdadi et ont été réduits à des «cantons» («mantaqa»).

Perte de confiance

Pourtant, en 2014 - avant même que son «calife» n'apparaisse ou que l'«État islamique» ne soit proclamé -, l'EI se targuait d'en avoir fini avec le tracé «impérialiste» de 1916 (accords dits Sykes-Picot) qui dessinait les frontières du Moyen-Orient. Oublié le coup d'éclat de 2014, filmé et diffusé à grands renforts de propagande, voulant effacer la frontière entre la Syrie et l'Irak avec des bulldozers. Aujourd'hui, les forces irakiennes se sont redéployées le long de ce tracé, où armes et jihadistes avaient longtemps circulé sans encombres.

Côté syrien, les troupes de Damas et celles kurdo-arabes appuyées par la coalition internationale anti-EI ont aussi repris de larges zones frontalières. Alors que le mystère demeure sur les effectifs de l'EI, le nouveau découpage géographique du groupe «prouve qu'il est affaibli et a réorganisé son commandement», explique à l'AFP le responsable irakien. Il a recentralisé ce commandement à l'échelle des pays et non des régions. «Ceci prouve la perte de confiance de la direction de l'EI envers ses commandants de wilaya en Irak, dont les prérogatives ont été réduites», ajoute la même source. Régulièrement, les autorités irakiennes annoncent la capture ou la mort de responsables de l'EI ou de proches de Baghdadi, comme son fils, tué en juillet en Syrie par trois missiles téléguidés russes. Baghdadi lui-même a été donné pour mort à plusieurs reprises, alors que les États-Unis ont offert 25 millions de dollars pour sa capture.

(L'essentiel/afp)