Vol MH 370

27 mars 2014 11:29; Act: 27.03.2014 14:22 Print

Des centaines d'objets localisés dans l'océan

Des orages et des vents violents ont conduit jeudi à la suspension des opérations aériennes dans le sud de l'océan Indien, où de possibles débris du Boeing 777 ont été repérés par des satellites.

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«Le mauvais temps devrait durer 24 heures», a précisé l'Autorité australienne de sécurité maritime qui coordonne les recherches. Les opérations navales se poursuivaient comme prévu. Il s'agit de la deuxième journée de recherches perturbée cette semaine, dans cette mer australe aux conditions extrêmes, alors que chaque jour compte dans les efforts entrepris pour récupérer les boîtes noires du vol MH370 disparu depuis près de trois semaines. Un satellite thaïlandais a détecté quelque 300 objets flottants, dont la taille varie entre 2 et 15 mètres, à 2 700 km au large de Perth, la grande ville de la côte occidentale australienne, a indiqué jeudi la Thaïlande.

Les images datent de mardi. La veille, la Malaisie avait annoncé que des images d'un satellite français révélaient la présence de 122 objets dans un périmètre de 400 km2 dans le sud de l'océan Indien, à l'intérieur de l'aire de recherche définie par les pays engagés. D'autres images satellite, communiquées par l'Australie, la Chine et la France, montraient elles aussi des objets flottants, dont certains mesurant plusieurs mètres, dans cette zone située à quelques milliers de kilomètres au sud-ouest de Perth. Faute d'avoir pu les récupérer et donc de les identifier, il est toujours impossible de dire si ces objets sont des débris du Boeing 777 qui a disparu le 8 mars avec 239 personnes à bord, alors qu'il effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin. Mais le sud de l'océan Indien est un no «man's sea» où le trafic maritime est peu dense et les eaux y sont dans l'ensemble préservées des pollutions ailleurs habituelles.

«Un total manque de tact»

Le Boeing a dévié de son plan de vol peu de temps après son décollage de Kuala Lumpur et continué à parcourir des milliers de kilomètres vers le sud, avant de s'abîmer en mer, vraisemblablement à court de carburant. De ce fait, l'enquête sur la disparition du vol MH370 pourrait prendre des années, mais déjà les premières plaintes contre la compagnie et le constructeur sont annoncées aux États-Unis. Le grand cabinet d'avocats américain Ribbeck Law, dont le siège est à Chicago, a saisi un tribunal de l'État au nom d'un avocat indonésien, Januari Siregar, dont le fils Firman Siregar, 25 ans, était à bord. Si aucun expert ne s'est encore aventuré à avancer de théorie définitive, les avocats américains pensent qu'un feu ou une soudaine dépressurisation a rendu les pilotes inconscients et que le Boeing est devenu un avion fantôme.

Boeing et Malaysia Airlines sont juridiquement responsables de la catastrophe, selon les avocats qui vont réclamer plusieurs millions de dollars pour les familles endeuillées, lesquelles accusent la Malaisie, le constructeur et la compagnie d'opacité et d'incompétence. «La situation a été traitée de façon épouvantable, avec un total manque de tact», a estimé jeudi la sœur d'un passager néo-zélandais, Paul Weeks.

L'analyse du simulateur de vol du pilote sera connue d'ici un jour ou deux

«Le gouvernement malaisien, la compagnie ont été simplement lamentables», a ajouté Sara Weeks, sur les ondes d'une radio locale. Les familles des 153 passagers chinois avaient manifesté mardi devant l'ambassade de Malaisie à Pékin et les autorités chinoises exercent une forte pression sur Kuala Lumpur. Le Premier ministre, Li Keqiang, a exhorté la Malaisie, mercredi, à associer plus d'experts chinois à l'enquête.

Parmi les diverses pistes explorées pour expliquer la perte du Boeing, celle d'un acte désespéré du pilote concentre l'attention d'une partie des enquêteurs qui cherchent à comprendre pourquoi deux systèmes cruciaux de communication de l'avion avec le sol (les ACARS et le transpondeur) ont été coupés à quelques minutes d'intervalle. Les autorités malaisiennes ont ainsi confié au FBI, la police fédérale américaine, un simulateur de vol saisi au domicile du pilote, Zaharie Ahmad Shah, pour analyses. Celles-ci devraient être prêtes «d'ici un jour ou deux», a annoncé mercredi le directeur du FBI, James Comey.

(L'essentiel/AFP)