Au Yémen

28 août 2018 16:07; Act: 28.08.2018 16:56 Print

Des enfants impliqués dans des crimes de guerre

Toutes les parties prenantes au conflit au Yémen «ont participé activement aux hostilités», a affirmé mardi, une mission d'experts de l'ONU.

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Les enfants paient un lourd tribu dans le conflit au Yémen. (photo: AFP/Stringer)

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Depuis mars 2015, le conflit qui déchire le Yémen a fait plus de 10 000 morts. Des crimes de guerre sont évoqués par une mission de l'ONU. Dans son rapport allant de septembre 2014, date du début des hostilités dans ce pays, jusqu'à juin 2018, le groupe d'experts présidé par le Tunisien Kamel Jendoubi relève que les frappes de la coalition menée par l'Arabie saoudite «ont causé le plus de victimes civiles directes», touchant des «zones résidentielles», des «marchés», et «même des installations médicales».

Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015, au Yémen, pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis qui s'étaient emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa.

«Le Groupe d'experts a des motifs raisonnables de croire que des membres du gouvernement yéménite et de la coalition ont pu mener des attaques en violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution pouvant constituer des crimes de guerre», souligne-t-il, dans un communiqué. Dans ce «conflit oublié» comme le désigne M. Jendoubi, les enfants paient un lourd tribut car ils sont également enrôlés par les différentes parties en présence.

Des pourparlers, le 6 septembre, à Genève

Les experts disposent d'«informations substantielles» leur permettant d'affirmer que «le gouvernement du Yémen, les forces soutenues par la coalition, ainsi que les forces Houthies» utilisent des enfants «pour participer activement aux hostilités». «Dans la plupart des cas, ces enfants étaient âgés de 11 à 17 ans mais il y a eu des indications régulières sur le recrutement et l'utilisation d'enfants âgés de huit ans», relèvent les experts.

Les blocus imposés par la coalition dans les ports yéménites ainsi qu'à l'aéroport de Sanaa peuvent par ailleurs revêtir le statut de crimes au regard du droit international, soulignent les experts. L'ONU a convoqué des pourparlers sur le Yémen, le 6 septembre, à Genève, alors que jusque-là toutes les tentatives de règlement politique ont échoué.

(L'essentiel/afp)