Pékin

02 mars 2020 22:47; Act: 03.03.2020 17:12 Print

Des firmes éclaboussées par le travail forcé

La Chine a transféré plus de 80 000 Ouïghours vers des usines fournissant des dizaines de grandes marques mondiales.

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Les secteurs textile et automobile sont notamment visés.

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«Des usines recourent au travail forcé des Ouïghours dans le cadre d'un mécanisme de transfert encadré par l'État chinois, ce qui entache des chaînes de production à l'échelle mondiale», a affirmé lundi le think-tank australien ASPI dans un volumineux rapport. Parmi les marques épinglées se trouvent des grands noms de l'électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia...), du textile (Adidas, Lacoste, Gap, Nike, Puma, Uniqlo, H&M...) ou encore de l'automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Jaguar...). De grands groupes chinois sont aussi recensés, parmi lesquels figurent des constructeurs automobiles ou encore Huawei.

Les Ouïghours sont une ethnie turcophone à majorité musulmane du Xinjiang (nord-ouest). Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 détenus issus de cette communauté ont été transférés dans des usines «appartenant aux chaînes d'approvisionnement de 83 marques mondialement connues». Ils sont privés de liberté et contraints de travailler sous étroite surveillance, affirme l'ASPI.

Internés dans des «camps de rééducation»

Pékin a engagé au Xinjiang une politique de sécurité maximale en réponse à des violences inter­ethniques souvent imputées à des séparatistes ouïghours. Des ONG accusent la Chine d'avoir interné un million de musulmans dans des «camps de rééducation».

Le régime dément ce chiffre et parle de «centres de formation professionnelle» destinés à soutenir l'emploi et à combattre l'islamisme. 

(L'essentiel/afp)