Nations Unies

08 avril 2021 17:04; Act: 08.04.2021 17:11 Print

«Des menaces inhumaines» pour le monde entier

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé tous les pays à adhérer à la Convention interdisant les mines antipersonnel. Plus de 160 États en font déjà partie.

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Lors de son intervention, Antonio Guterres a aussi mis en garde contre le développement des engins explosifs improvisés. (photo: AFP)

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Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé jeudi la trentaine de pays qui «ne l’ont pas fait, à adhérer sans tarder à la convention interdisant les mines antipersonnel», lors d’un débat ministériel du Conseil de sécurité.

«Plus de 160 États font partie de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel. J’appelle ceux qui n’ont pas encore adhéré à la Convention à le faire sans tarder», a-t-il dit, après une courte vidéo de l’acteur britannique Daniel Craig, engagé au sein de l’ONU dans la lutte contre ce fléau. Ce traité international, entré en vigueur en 1999, interdit l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel.

Parmi la trentaine de pays n’ayant pas rejoint la Convention, figurent les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, Israël, la Birmanie, la Corée du Nord, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, Singapour et le… Vietnam, président du Conseil de sécurité en avril et à l’origine de la convocation du débat de jeudi.

«Notre principale préoccupation est que cette Convention ne donne qu’un délai court pour achever de neutraliser les zones minées» et «le Vietnam a besoin de plusieurs décennies» pour faire ce travail, explique-t-on de source diplomatique vietnamienne.

Attention aux engins explosifs improvisés

Le traité prévoit que chaque État partie s’engage à supprimer toutes ses mines antipersonnel, au plus tard dix ans après l’entrée en vigueur de la Convention, un délai qui peut, sous condition, être prolongé. «Nous voulons attirer l’attention sur la question» parce que «le Vietnam partage beaucoup les aspects humanitaires de la Convention et fait preuve d’engagement» en assistant à toutes les réunions des États parties à cette Convention et à celle sur les armes à sous-munitions, a-t-on précisé de source diplomatique vietnamienne.

Lors de son intervention, Antonio Guterres a aussi mis en garde contre le développement des engins explosifs improvisés. «Le recours à ces engins représente la plus grande menace» dans les opérations de paix, de la Somalie au Mali, a-t-il souligné. «De nouvelles menaces liées aux engins explosifs apparaissent en Centrafrique et en République démocratique du Congo», a-t-il précisé.

«En 2014, la mission Minusma au Mali détectait 11% des engins explosifs improvisés avant qu’ils n’explosent. C’est devenu 50% en 2020 avec un nombre en baisse des victimes des attaques commises par ce biais», a-t-il relevé. «Les mines terrestres, les engins piégés et les restes explosifs de guerre représentent le pire de l’humanité», a aussi dénoncé le chef de l’ONU. «Engageons-nous aujourd’hui à intensifier nos efforts pour débarrasser le monde de ces menaces inhumaines», a-t-il réclamé.

(L'essentiel/AFP)