Yémen

11 mars 2019 08:42; Act: 11.03.2019 08:45 Print

Des miliciens suspectés d'avoir violé des enfants

Selon Amnesty International, trois garçons ont été violés dans la ville de Taëz, aux mains des forces progouvernementales.

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Le conflit au Yémen a fait quelque 10 000 morts, dont 2200 enfants. (Photo d'illustration)

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Des garçons, âgés de huit à seize ans, ont été violés dans une ville assiégée du Yémen en guerre, a rapporté lundi l'ONG de défense des droits humains Amnesty International, précisant que les suspects sont des miliciens. L'ONG a affirmé avoir recueilli des preuves faisant état de viols sur trois garçons et d'une agression sexuelle sur un quatrième, commis dans la ville de Taëz (sud-ouest), aux mains des forces progouvernementales et assiégée par les rebelles Houthis.

Les familles respectives des quatre garçons ont indiqué à Amnesty que leurs fils avaient été agressés au cours des huit derniers mois, notamment dans une mosquée. Elles ont affirmé avoir rapporté ces agressions au service d'enquêtes criminelles de Taëz, selon Amnesty, mais aucune mesure juridique n'a été prise par les autorités locales.

«Les viols et agressions sexuelles commis dans un contexte de conflit armé sont des crimes de guerre», a dénoncé la directrice régionale d'Amnesty pour le Moyen-Orient, Heba Morayef. «Les commandants qui échouent à stopper de tels actes odieux peuvent eux-mêmes être responsables de crimes de guerre», a-t-elle poursuivi.

Exécutions publiques

Une mère a indiqué à l'ONG que son fils de huit ans avait été violé à deux reprises en 2018 dans une mosquée, par deux hommes, dont le fils d'un imam lié à Al-Islah, un parti proche de la confrérie des Frères musulmans et de l'Arabie saoudite. Des rapports médicaux lus par Amnesty montrent que le garçon souffre de commotions depuis l'agression.

Un homme a rapporté que son fils de 13 ans avait été violé par les mêmes hommes, dans la même mosquée. Un garçon de 16 ans a confié à Amnesty avoir été violé en décembre sous la menace d'une arme par «un milicien lié à Al-Islah». «Il a été incapable de s'asseoir après ou d'aller aux toilettes pendant trois jours. Il restait assis le regard perdu», a déploré sa mère.

D'autres agressions de ce type ont pu avoir lieu sans être rapportées, en raison de la crainte des familles à l'égard des miliciens, qui ont prospéré à cause de la guerre, d'après Amnesty. Selon la loi yéménite, les personnes accusées de violences sexuelles peuvent être condamnées à la peine de mort. Plusieurs hommes ont été publiquement exécutés ces dernières années pour avoir violé et tué des enfants.

(L'essentiel/afp)