Au Nigéria

24 octobre 2020 21:44; Act: 24.10.2020 21:47 Print

Des pillages de masse dans plusieurs villes

Les pillages de masse, ciblant les bâtiments publics et les entrepôts de nourriture se multiplient au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique

storybild

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et réputé pour être l'un des pays les plus corrompus au monde, traverse une très grave crise sociale. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Les pillages de masse, ciblant les bâtiments publics et les entrepôts de nourriture se multiplient au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, après deux semaines de soulèvement populaire et de graves troubles sociaux qui semblent échapper aux autorités. À Lagos, mégalopole économique de 20 millions d'habitants, la situation était plutôt calme et le couvre-feu strict imposé depuis mardi soir a été allégé, après une semaine de violences extrêmes.

Mais dans plusieurs villes du pays, les pillages de masse se poursuivaient, comme à Ede (Etat d'Osun, sud-ouest) ou à Jos (centre), où plusieurs milliers de personnes ont envahi et pillé un immense entrepôt de nourriture qui devait être distribuée en mars et avril dernier, pendant le confinement mis en place pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. «Donc pendant le confinement, nous avions faim, et ils cachaient la nourriture!», s'exclame Mafeg Pam, une habitante de Jos. «Quel genre de gouvernement avons-nous? Nous sommes faibles, beaucoup meurent de faim.»

L'un des plus corrompus au monde

«Ils ont caché cette nourriture depuis le début du confinement (fin mars). Tous les prix ont augmenté. Comment faisons nous pour survivre?», confie Mohammed Ibrahim, sur la route qui mène à l'entrepôt, remplie de personnes portant des sacs estampillés «Ne pas vendre. Gouvernement du Nigeria».

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et réputé pour être l'un des pays les plus corrompus au monde, traverse une très grave crise sociale, et les mouvements de contestations, nés à Lagos contre les violences policières il y a deux semaines ont dégénéré en vagues de violences et de pillages de masse.

(L'essentiel/afp)