Offensive turque en Syrie

18 octobre 2019 14:11; Act: 18.10.2019 14:26 Print

«Des preuves accablantes de crimes de guerre»

Se basant sur plusieurs témoignages, l'ONG Amnesty international a fustigé des «exécutions sommaires» et le «mépris honteux pour les vies civiles» lors de l'offensive turque en Syrie.

storybild

Amnesty international évoque des «preuves accablantes de crimes de guerre» commis par les forces turques et leurs alliés. (Photo d'illustration)

Sur ce sujet
Une faute?

Les forces turques et leurs supplétifs syriens ont commis des «crimes de guerre» lors de leur offensive contre les forces kurdes en Syrie, a affirmé vendredi Amnesty International. L'ONG dénonce des «exécutions sommaires» et des attaques meurtrières contre des civils.

«Les forces militaires turques et une coalition de groupes armés soutenue par la Turquie ont fait preuve d'un mépris honteux pour les vies civiles», a fustigé Amnesty international, dans un communiqué. L'organisation de défense des droits humains évoque des «preuves accablantes de crimes de guerre».

L'organisation se base sur les témoignages de 17 personnes - secouristes, travailleurs médicaux, déplacés, journalistes et humanitaires. «Les informations recueillies fournissent des preuves accablantes d'attaques sans discriminations contre des zones résidentielles», selon l'ONG.

«Noirs comme du charbon»

Amnesty rapporte le témoignage d'un secouriste du Croissant rouge kurde qui dit avoir retiré des corps des décombres, après un raid turc, le 12 octobre, sur le village de Salhiyé, près d'une école, où des déplacés avaient trouvé refuge. «Je ne pouvais pas dire si (les enfants tués étaient) des garçons ou des filles, parce que les corps étaient noirs comme du charbon», raconte le secouriste.

Amnesty revient sur l'exécution sommaire, le 12 octobre, d'une responsable politique kurde, Hevrin Khalaf, par des rebelles pro-turcs. «Elle a été traînée hors de sa voiture, battue et tuée par balle de sang froid par les combattants d'Ahrar al-Sharkiya». Un rapport médical consulté par l'ONG montre que la politicienne avait de «multiples blessures par balles à la tête, des fractures aux jambes, au visage et au crâne».

Kidnappings

«Le jour même et dans le même secteur des combattants d'Ahrar al-Sharkiya ont capturé et tué au moins deux combattants kurdes», indique l'ONG, qui accuse ces rebelles d'avoir kidnappé deux civils travaillant pour une organisation médicale, toujours portés disparus.

Les supplétifs syriens sont d'anciens rebelles qui combattaient autrefois le régime syrien. Ces factions sont désormais financées et entraînées par Ankara. Leur direction avait ordonné, le 12 octobre, à tous ses commandants, de «superviser en permanence les combattants sur le front pour empêcher toute violation ou abus».

Ankara a lancé le 9 octobre, une opération dans le nord syrien pour éloigner de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Jeudi soir, la Turquie a accepté de suspendre cette offensive pendant cinq jours et d'y mettre fin si les forces kurdes se retirent d'un secteur frontalier durant ce délai. L'offensive a fait au moins 72 morts parmi les civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ankara assure avoir pris toutes les mesures nécessaires pour éviter les pertes civiles.

(L'essentiel/afp)