Arabie saoudite

24 septembre 2020 15:08; Act: 24.09.2020 15:53 Print

Des Saoudiens exilés lancent un parti d'opposition

Cette formation politique, la première sous le règne du roi Salmane, ne risque pas de déstabiliser le royaume mais crée un nouveau défi.

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Le parti est dirigé par le défenseur des droits humains basé à Londres, Yahya Assiri. (photo: AFP)

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Des dissidents saoudiens exilés dans des pays comme la Grande-Bretagne et les États-Unis ont annoncé, mercredi, le lancement d’un parti d’opposition. Il s’agit de la première formation politique du genre sous le règne du roi Salmane.

L’Arabie saoudite est une monarchie absolue qui ne tolère aucune opposition politique. La création de ce parti intervient sur fond de répression croissante à l’encontre des dissidents. Les autorités n’avaient pas réagi dans l’immédiat à la déclaration des dissidents qui a coïncidé avec la célébration du 90e anniversaire de la création du royaume saoudien.

«Instaurer la démocratie»

«Nous annonçons la création du Parti de l’Assemblée nationale qui vise à instaurer la démocratie comme forme de gouvernement dans le royaume d’Arabie saoudite», ont souligné les dissidents, dans un communiqué. Le parti est dirigé par le défenseur des droits humains basé à Londres Yahya Assiri et compte parmi ses membres l’universitaire Madaoui al-Rachid, le chercheur Saïd ben Nasser al-Ghamdi, le militant Ahmed al-Mshikhs, Abdallah Alaoudh, qui vit aux États-Unis et Oman Abdel Aziz exilé au Canada, ont indiqué à l’AFP, des sources proches de la formation.

Cette formation politique ne risque pas de déstabiliser le royaume saoudien mais crée, selon des spécialistes, un nouveau défi aux dirigeants du pays, à un moment où il est affecté par la chute des prix du pétrole et s’apprête à accueillir un sommet du G20 en novembre.

«Horizon politique bouché»

Dans son communiqué, la nouvelle formation relève que sa naissance intervient au moment où «l’horizon politique est bouché de tous les côtés». «Le gouvernement pratique de manière constante la violence et la répression, avec un nombre croissant d’arrestations et d’assassinats, des politiques de plus en plus agressives contre les États voisins, des disparitions forcées et des gens poussés à fuir le pays», ajoute le texte.

Le meurtre du journaliste critique du régime, Jamal Khashoggi, en octobre 2018, au consulat saoudien, à Istanbul, a terni l’image du royaume et du prince héritier accusé par la Turquie et des défenseurs des droits humains d’être le commanditaire de cet assassinat.

Le prince Mohammed, âgé de 35 ans, a entamé des réformes audacieuses. Il a réduit les pouvoirs de l’establishment religieux autrefois redouté, a levé l’interdiction, unique au monde, faite aux femmes de conduire, a rouvert des cinémas et a autorisé des divertissements mixtes. Mais les réformes se sont accompagnées du maintien d’une politique de main de fer envers les opposants, selon des membres de la nouvelle formation.

(L'essentiel/afp)