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12 octobre 2018 13:25; Act: 12.10.2018 13:42 Print

Des souriceaux nés de souris de même sexe

Des chercheurs ont réussi l'impensable: faire naître des petits sur la base de deux parents du même sexe. L'expérience réussie sur des souris reste discutable au niveau éthique.

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Des chercheurs ont réussi à faire naître des souriceaux de parents de même sexe. (photo: Kyoto University)

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Une équipe de chercheurs a annoncé avoir réussi à donner naissance à des souris viables, à partir de parents de même sexe, en utilisant une nouvelle technologie qui fait appel à des cellules souches modifiées pour éliminer certains gènes.

Théoriquement, cette méthode, qui pose de nombreuses questions éthiques, pourrait permettre une nouvelle approche pour le clonage des mammifères et même permettre la conception pour les couples homosexuels. Ces perspectives restent toutefois lointaines puisqu'en plus des considérations éthiques, ces méthodes se heurtent encore à des obstacles techniques. L'étude, publiée jeudi dans le journal «Cell Stem Cell», présente pour la première fois une méthode ayant réussi, alors que des recherches antérieures portant sur le même thème n'avaient pas abouti.

Plusieurs espèces capables de le faire

Dans les cas de couples de souris femelles, les scientifiques ont produit, à partir de 210 embryons, 29 souriceaux qui ont vécu jusqu'à l'âge adulte et se sont reproduits normalement. Mais les souris créées à partir de deux ensembles de matériel génétique mâles n'ont survécu que 48 heures, et les chercheurs prévoient une étude plus poussée, des raisons pour lesquelles le processus n'a pas fonctionné.

Il existe à l'état naturel de nombreuses espèces capables de se reproduire via des méthodes n'impliquant pas un couple mâle/femelle. Des reptiles, amphibiens et poissons peuvent se reproduire avec un seul parent, mais le processus est plus compliqué pour les mammifères.

Encore impossible pour l'homme

Pour réussir à créer des souriceaux, à partir d'animaux du même sexe, les chercheurs ont utilisé des cellules souches embryonnaires haploïdes (ne contenant qu'un exemplaire de chaque chromosome, et non deux comme pour la reproduction sexuée classique). Ils ont ensuite modifié la composition génétique de ces cellules via un processus complexe, avant de les injecter dans un ovule de souris. Le processus différait selon que les parents étaient deux souris femelles ou deux souris mâles.

«Il est peu plausible que ce genre de technologie puisse être appliqué à l'homme dans un avenir proche», a souligné un expert qui n'a pas participé aux travaux, le docteur Dusko Ilic, du King's College de Londres. «Le risque d'anomalies sévères est trop élevé et cela prendrait des années de recherche, sur différents types d'animaux, pour arriver à comprendre comment cette méthode pourrait être appliquée en toute sécurité», a poursuivi le Dr. Ilic, cité par le Science media centre (SMC).

(L'essentiel/afp)