Lutte contre les préjugés

23 février 2014 20:34; Act: 24.02.2014 09:57 Print

Desmond Tutu prend la défense des homosexuels

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu a appelé dimanche le président ougandais, Yoweri Museveni, à renoncer à promulguer une loi antihomosexuels.

storybild

Desmond Tutu a suggéré au président ougandais de renforcer les sanctions contre les auteurs de viols, plutôt que de punir les homosexuels. (photo: AFP)

Une faute?

L'ancien prix nobel de la Paix a estimé que légiférer contre l'amour entre adultes consentants rappelait le nazisme et l'apartheid. «Mon appel au président ougandais Museveni est d'utiliser le débat dans son pays sur la loi contre l'homosexualité comme un catalyseur pour renforcer la culture des droits de l'homme et de la justice en Ouganda». Il lui a suggéré de plutôt renforcer les sanctions pénales contre les auteurs de viols, de crimes sexuels contre les enfants, et «si besoin», contre ceux qui sont impliqués dans la prostitution, «acheteurs ou vendeurs».

«Renforcer ces domaines de la loi protègera certainement bien plus les enfants et les familles que de criminaliser les actes d'amour entre des adultes consentants». Desmond Tutu a balayé l'argumentation de la présidence ougandaise qui estime que, en l'absence de gène de l'homosexualité, l'amour entre personnes du même sexe est un comportement qui peut se désapprendre. «Il n'y a aucune justification scientifique pour les préjugés et la discrimination, jamais. Et aucune justification morale non plus», a martelé Tutu. «L'Allemagne nazie et l'Afrique du Sud, entre autres, en sont la démonstration».

La loi sud-africaine est une exception sur le continent

«Les êtres humains sont très différents, et pourtant ils sont membres d'une seule famille, la famille des hommes, la famille de Dieu. Notre diversité nous oblige à être tolérants, empreints de compassion et respectueux les uns des autres», a-t-il dit. L'homophobie est très répandue en Ouganda, pays où le christianisme fondamentaliste protestant de style américain fait des adeptes. Les hommes et femmes homosexuels y sont fréquemment soumis à des menaces ou subissent des violences.

L'Afrique du Sud n'est pas exempte de violences contre les homosexuels, notamment dans les townships noirs, mais la Constitution de 1996 les place sur un pied d'égalité pour le mariage, l'adoption et le recours à une mère porteuse. La loi sud-africaine, en rupture avec le régime répressif d'apartheid qui interdisait l'homosexualité et les relations entre personnes de couleur de peau différentes, est une exception sur le Continent. Elle se distingue aussi par rapport à beaucoup d'autres pays du monde, hors d'Afrique.

(L'essentiel/AFP)