Procès des attentats de Boston

07 janvier 2015 07:52; Act: 07.01.2015 09:14 Print

Djokhar Tsarnaev mal à l'aise face aux juges

L'accusé de l'attentat du marathon de Boston affronte depuis lundi les jurés potentiels au tribunal fédéral de Boston. Il n'a pas encore dit un mot mais montre des signes de gêne.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Après son arrestation, le 19 avril 2013, la photo de son visage adolescent à la tignasse rebelle avait fait le tour du monde. La chevelure sombre est la même, mais le visage s'est creusé, comme figé, après les graves blessures datant de son arrestation. Et en prison, Djokhar Tsarnaev s'est laissé pousser une petite barbe, qu'il caresse régulièrement.

Chaque matin, chaque après-midi, le jeune musulman d'origine tchétchène, naturalisé Américain en 2012, entre dans la salle de sélection des jurés avec ses cinq avocats. Silhouette frêle en tenue de ville, pantalon et pull camionneur porté sur une chemise, il s'assied entre ses deux avocates femmes, à droite du juge.

Gestes de gêne

Auteur présumé des attentats les plus graves aux États-Unis depuis le 11 septembre, il écoute en silence le juge George O'Toole, qui fait les mêmes recommandations à chaque nouveau groupe de 200 à 250 jurés potentiels. Il ne montre aucune réaction quand le magistrat leur explique que Tsarnaev risque la peine de mort, pour les attentats du marathon qui avaient fait trois morts et 264 blessés, le 15 avril 2013, ainsi que pour le meurtre d'un policier trois jours plus tard.

Djokhar Tsarnaev n'est pas menotté, n'a pas les pieds entravés. Il parle très peu avec ses avocates. Quand le juge lui demande de se lever pour se présenter, il le fait mécaniquement, se rassied ensuite. Le premier jour, il semblait ne pas vouloir regarder les jurés potentiels qui lui font face, concentrant son regard sur le sol ou sur le magistrat. Lors des sessions suivantes, il semblait un peu plus assuré. Mais régulièrement, il se touche les cheveux, se frotte les mains, remet son col de chemise, caresse sa barbiche, penche la tête. Son regard hésite, se concentre sur le sol, sur le juge, sur ses pieds...

Il est détenu, quasi à l'isolement, à la prison hôpital de Fort Devens, à 70 km de Boston (nord-est des États-Unis), et sa pâleur en témoigne. Ses parents, retournés en Russie avant les attentats, ne sont apparemment jamais venus le voir. À part ses avocats, les seules visites autorisées, sous surveillance, sont celles de ses sœurs, sans aucun contact physique. Le téléphone est limité à sa famille immédiate, écouté par le FBI. Il peut écrire une seule lettre par semaine, là encore à sa seule famille.