Turquie

11 octobre 2018 07:08; Act: 11.10.2018 11:01 Print

Donald Trump se mêle du journaliste disparu

Le président américain désire savoir ce qu'il est arrivé à Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien disparu à Istanbul. Il a réclamé des explications à l'Arabie saoudite.

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Donald Trump veut des explications sur le sort de Jamal Khashoggi.

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Donald Trump a réclamé mercredi des explications à l'Arabie saoudite sur le sort d'un journaliste saoudien, disparu depuis plus d'une semaine à Istanbul, après la révélation d'éléments accréditant la thèse de sa capture ou de son assassinat par des agents de son pays. Le président des États-Unis a déclaré mercredi à la presse à Washington s'être entretenu «au plus haut niveau» avec les Saoudiens, et ce «plus d'une fois», au sujet de Jamal Khashoggi, qui n'a plus donné signe de vie depuis qu'il est entré dans le consulat saoudien d'Istanbul, le 2 octobre.

«Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n'aimons pas ça» et «nous voulons savoir ce qu'il se passe là-bas», a-t-il assuré. «Ce ne serait pas une bonne chose du tout» si une implication des Saoudiens s'avérait, a-t-il dit, tard dans la soirée, à la chaîne Fox News. La Maison-Blanche a précisé que deux des plus proches conseillers du président, son gendre Jared Kushner et le responsable du conseil de Sécurité nationale, John Bolton, avaient parlé mardi au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, avant un nouvel appel du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pour «réitérer» les demandes de Washington: «des détails» sur la disparition et «la transparence du gouvernement saoudien concernant l'enquête».

«Pas d'informations à l'avance»

Interrogé sur la réponse de Ryad à ces requêtes, le département d’État américain s'est réfugié derrière des «conversations diplomatiques privées», prenant soin de ne pas condamner frontalement les autorités saoudiennes à ce stade. Donald Trump a également dit être en contact avec la fiancée du journaliste, Hatice Cengiz, qui avait demandé son aide et celle de son épouse Melania pour «faire la lumière» sur cette affaire. Le royaume wahhabite est l'un des plus proches alliés des États-Unis. En parallèle, des sénateurs américains, républicains et démocrates, ont activé une loi qui oblige Donald Trump à rendre des conclusions sur ces faits au Congrès américain d'ici 120 jours. S'il établit qu'un ressortissant étranger s'est rendu coupable d'une exécution sommaire, de torture ou d'autres atteintes aux droits de M. Khashoggi, alors Washington pourra imposer des sanctions contre cette ou ces personnes.

Selon le Washington Post, les services de renseignements américains avaient intercepté, avant sa disparition, des communications entre responsables saoudiens évoquant son enlèvement. Le journaliste de 59 ans, qui avait choisi de vivre aux États-Unis, avait fait part aux plusieurs de ses amis de sa méfiance à l'égard de propositions qui lui auraient été faites par des responsables saoudiens. Il se serait vu offrir une protection ou même un emploi de haut niveau. Le journal souligne qu'une implication personnelle de Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime saoudien, pourrait se révéler embarrassante pour l'administration Trump si elle était confirmée. Le prince héritier entretient des liens étroits avec de hauts responsables américains, au premier rang desquels Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump.

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(L'essentiel/afp)