Aux États-Unis

05 septembre 2018 08:48; Act: 05.09.2018 11:55 Print

Trump voulait-​​il faire tuer Bachar el-​​Assad?

Après l'attaque chimique d'avril 2017 attribuée au régime de Bachar el-Assad, le président américain aurait dit qu'il souhaitait assassiner le président syrien.

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Un nouveau livre égratigne encore l'image de Donald Trump.

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Près de 450 pages d'anecdotes et de confidences accablantes: le livre du journaliste d'investigation Bob Woodward: «Fear: Trump in the White House» («Peur: Trump à la Maison-Blanche») dresse le portrait d'un président inculte, colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s'efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages. Si plusieurs ouvrages peu flatteurs pour le 45e président des États-Unis ont déjà été publiés, le sérieux et la réputation de Woodward, célèbre à travers le monde pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission, donnent à celui-ci un écho particulier.

«C'est juste un autre mauvais livre», a réagi Donald Trump dans un entretien au Daily Caller. Dénonçant des histoires colportées par d'anciens membres de son équipe mécontents ou «tout simplement inventées par l'auteur», il a accusé ce dernier, sans éléments concrets pour étayer ses dires, d'avoir eu «beaucoup de problèmes de crédibilité». Le Washington Post, qui a obtenu une copie du livre dont la sortie est prévue le 11 septembre, à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat, a publié mardi de nombreux extraits.

«Un élève de CM2 ou de 6e»

«Woodward est-il un agent démocrate? Vous avez noté le calendrier?», a tweeté Donald Trump (voir ci-dessous) un peu plus tard, évoquant l'approche des élections législatives du 6 novembre, à l'issue desquelles les républicains redoutent de perdre la Chambre des représentants. Les extraits publiés par plusieurs médias américains renvoient l'image - déjà décrite par d'autres - d'une Maison-Blanche dysfonctionnelle dont les acteurs n'ont que peu d'estime pour l'occupant du Bureau ovale. À l'issue d'une rencontre entre M. Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire sur la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un «élève de CM2 ou de 6e» (NDLR: 10 à 11 ans).

Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l'attaque chimique d'avril 2017 attribuée au régime de Bachar el-Assad, M. Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu'il souhaitait assassiner le président syrien. «Tuons-le bordel! Allons-y! On leur rentre dedans et on les bute», aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, M. Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit: «Nous n'allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés». Dans un texte diffusé dans la soirée, M. Mattis n'a pas contesté cet épisode en particulier. Mais il a affirmé n'avoir jamais prononcé «les mots méprisants» qui lui sont attribués à l'encontre du président, déplorant le recours aux sources anonymes qui affaiblit la crédibilité de ces écrits.

(L'essentiel/nxp/afp)