Brésil

19 juillet 2018 22:11; Act: 20.07.2018 10:57 Print

«Dr Popotin» arrêté avec maman en pleine cavale

Un médecin accusé d'avoir causé la mort d'une patiente lors d'une opération de chirurgie esthétique clandestine a été arrêté jeudi, à Rio. Il était en fuite depuis quatre jours.

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«Arrestation du médecin accusé d'avoir causé la mort d'une employée de banque après une opération pratiquée dans son appartement», a annoncé la police militaire de Rio sur Twitter.

Denis Furtado, auto-proclamé «Dr Bumbum» (Docteur Popotin en portugais) sur les réseaux sociaux, a été arrêté dans un immeuble de bureaux de Barra da Tijuca, quartier aisé de l'ouest de Rio, grâce à des informations fournies par une dénonciation anonyme au téléphone, a indiqué la police. Sa mère, accusée de complicité, a également été interpellée. Accusé d'homicide et association de malfaiteurs, le médecin brésilien était activement recherché depuis dimanche.

Technique controversée

L'employée de banque Lilian Quezia Calixto, séduite par la réputation de ce médecin dont le profil Instagram était suivi par près de 650 000 internautes, a parcouru plus de 2 000 kilomètres depuis Cuiaba (Ouest) pour une opération d'augmentation des fessiers. Opérée samedi soir dans l'appartement de Denis Furtado à Barra da Tijuca, la patiente a eu un malaise et a dû être hospitalisée. Après quatre arrêts cardiaques, elle est décédée.

Le «Dr Popotin» utilisait une technique controversée d'augmentation des fesses, avec l'injection de polyméthacrylate de méthyle (PPMA). L'affaire a fait grand bruit au Brésil, le deuxième pays au monde où sont pratiquées le plus de chirurgies esthétiques, après les États-Unis.

La Société brésilienne de chirurgie esthétique (SBPC) a dénoncé une «intrusion de non-spécialistes qui a causé de plus en plus de cas fatals comme celui-ci». «On ne peut pas pratiquer de chirurgie esthétique dans un appartement. Beaucoup de gens vendent une illusion, une fantaisie, dépourvue de toute éthique, à des personnes fragiles attirées par de bas prix», avait déclaré mardi, à l'AFP, le président de la SBPC, Niveo Steffen.

Selon lui, l'augmentation des fessiers par injection de bio-polymères, également appelée bioplastie, présente de nombreux risques et a causé la mort de dizaines de femmes en Amérique latine, notamment au Venezuela.

(L'essentiel/afp)