Crise diplomatique

30 juillet 2019 14:39; Act: 30.07.2019 15:31 Print

Elisabeth II en pirate et recevant une fessée d'Iran

La reine Elisabeth II s'est métamorphosée en pirate sous le crayon de caricaturistes iraniens, dont les dessins exposés à Téhéran évoquent la querelle diplomatique entre les deux pays.

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Les relations compliquées entre l'Iran et la Grande-Bretagne se sont dégradées après la saisie, le 4 juillet, du «Grace 1», un pétrolier iranien, au large de Gibraltar, par les autorités de ce territoire britannique, assistées d'un détachement de Royal Marines.

Deux semaines plus tard, le 19 juillet, l'Iran saisissait dans le détroit d'Ormuz, un pétrolier battant pavillon britannique.

Ces incidents, qui ont conduit le guide suprême Ali Khamenei à accuser la Grande-Bretagne de «piraterie», ont inspiré les 40 caricaturistes exposés au Centre culturel et artistique Osveh, à Téhéran.

Un croquis dépeint la reine britannique en cambrioleuse sur le point d'être prise au piège dans un filet alors qu'elle tire un pétrolier sur lequel est inscrit «Iran».

«Ils ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent»

Un autre montre la reine travestie en pirate, affublée d'un chapeau recouvert d'une tête de mort et d'un perroquet sur son épaule, avec des crochets en guise de main et des jambes de bois.

«Je me sens plus fort» en voyant ces caricatures montrer «que la Grande-Bretagne, qui fanfaronne sur sa puissance militaire, peut être remise à sa place et stoppée», estime Rezayi, un fonctionnaire visitant l'exposition.

Hassan Shayi, un homme d'affaires déambulant dans le centre, se dit «fier qu'en dépit de la situation dans laquelle se trouve l'Iran, le pays tient toujours tête aux grandes puissances».

Pour lui, la saisie du pétrolier britannique, «montre la puissance de l'Iran, et qu'ils ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent».

«Une réaction à cette flagrante piraterie maritime»

Certaines caricatures moquent la Grande-Bretagne pour avoir saisi le pétrolier à la demande de son allié et ennemi de l'Iran, les États-Unis, comme suggéré par le ministre des Affaires étrangères espagnol.

Un dessin montre le président américain Donald Trump tapotant la tête d'un renard portant un tee-shirt avec l'Union Jack, la bannière britannique, et tenant le Grace 1 entre ses crocs.

Pour le curateur Massoud Shojaei-Tabatabayi, l'exposition est une «réaction à cette flagrante piraterie maritime, totalement illégale».

(L'essentiel/afp)