Aux États-Unis

05 février 2019 15:05; Act: 05.02.2019 15:44 Print

Elle fait passer son élève malade pour son fils

Une directrice d'école américaine a fait passer un étudiant pour son rejeton, afin qu'il profite de l'assurance de cette dernière. Elle a dû démissionner.

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Casey Smitherman. (photo: sheriffofmadisoncounty.com)

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Casey Smitherman, directrice des écoles d'une petite ville de l'Indiana (USA) a été accusée de fraude à l'assurance, d'usurpation d'identité et de faute professionnelle. La raison: elle a fait passer un élève malade pour son fils auprès de son assureur.

Tout est probablement parti d'une bonne intention. Selon les documents de l'enquête, un élève de 15 ans n'est pas venu à l'école, le 9 janvier dernier, pour cause de maladie. En raison d'un protocole mis en place dans les écoles de la région pour identifier les élèves en difficulté, la directrice a décidé de se rendre directement chez l'adolescent pour s'assurer que ce dernier allait bien.

En arrivant chez son élève, Casey Smitherman a constaté que l'enfant souffrait de symptômes laissant penser qu'il pouvait avoir une angine à streptocoques, rapporte CBS. «En tant que parent, je sais à quel point cette maladie peut être grave si elle n'est pas traitée, c'est pourquoi je l'ai emmené dans une clinique d'urgence», justifie la directrice, dans une déclaration écrite fournie par son avocat aux médias américains.

«Mon seul souci: la santé de cet enfant»

À l'hôpital, Casey Smitherman a essuyé un refus net car elle n'était pas la représente légale de l'élève qui, de plus, n'était pas couvert par une assurance maladie. Elle a alors tenté sa chance dans une seconde clinique. Mais, cette fois-ci, la directrice a décidé de feinter le système en faisant passer le garçon pour son fils, afin qu'il bénéficie de soins et d'un médicament sur ordonnance.

«Je savais qu'il n'avait pas d'assurance et je voulais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour l'aider à guérir. Je sais que cette action était fausse. Mais, sur le moment, mon seul souci était la santé de cet enfant», a-t-elle indiqué dans son communiqué. La facture des traitements médicaux s'élevait à 233 dollars, selon le dossier judiciaire.

Dénoncée par une source anonyme à la police, Casey Smitherman a choisi de démissionner de son poste de directrice. «J'ai consacré toute ma carrière professionnelle aux enfants et je leur ai toujours assuré les meilleures chances de succès. Malheureusement, ma récente erreur de jugement a attiré une attention négative sur la ville et sur moi-même». Elle a été placée dans un programme de dé-judiciarisation avant son procès. Ce qui signifie que, si elle ne fait pas l'objet de poursuites pour un autre fait, les accusations portées contre elle seront radiées de son dossier judiciaire.

Débat rouvert

Particulièrement médiatisée, l'histoire a eu le mérite de rouvrir le débat sur la question de l'assurance maladie aux États-Unis, alors que Donald Trump affirmait sa volonté il y a une année d'abroger l'Obamacare, avant de finalement proposer la création une couverture maladie universelle.

Casey Smitherman, quant à elle, a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux. «Il y a quelque chose qui cloche dans un pays qui poursuit en justice les gens qui donnent de l'eau aux personnes déshydratées et utilisent leur carte d'assurance pour payer des médicaments aux enfants malades», a par exemple dit Jeffrey St-Clair, sur Twitter.

Pour un autre, «Madame Smitherman a accompli un acte qui représente la vraie définition de l'empathie. Il faut être une personne sans âme pour voir ce qu'elle a fait comme un délit».

(L'essentiel/jfe)