Procès Weinstein

22 janvier 2020 19:54; Act: 23.01.2020 12:01 Print

«Elles l'utilisaient parce qu'il avait du pouvoir»

La bataille judiciaire autour du producteur déchu se poursuit. La défense a laissé entendre qu'elle mettrait en doute les motivations des deux principales accusatrices.

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S'il est condamné, ce père de cinq enfants, deux fois divorcé, risque jusqu'à la perpétuité.

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Le procès d'Harvey Weinstein est entré mercredi dans le vif du sujet avec une défense décidée à saper la crédibilité des accusatrices du producteur de cinéma déchu, que le mouvement #MeToo considère comme l'incarnation du prédateur sexuel.

Une centaine de journalistes ont fait la queue dès l'aube, devant le tribunal d’État de Manhattan, pour assister aux plaidoiries d'ouverture de ce procès, un peu plus de deux ans après le début de la déferlante #MeToo qui a vu des dizaines d'hommes de pouvoir disgraciés, après avoir été accusés d'agressions sexuelles.

Harvey Weinstein, 67 ans, qui marchait difficilement mais sans déambulateur contrairement aux dernières audiences, est arrivé au tribunal avec ses avocats peu avant 9h30 (15h30 heure suisse).

La bataille devant les jurés sélectionnés la semaine dernière - cinq femmes et sept hommes - sera dirigée par deux femmes: Joan Orbon-Illuzzi, procureure, et Donna Rotunno, principale avocate du producteur déchu, habituée à défendre les agresseurs sexuels présumés.

Donna Rotunno a laissé entendre qu'elle mettrait en doute les motivations des deux principales accusatrices de son client: Mimi Haleyi, une ex-assistante de production qui accuse Harvey Weinstein de rapport sexuel forcé en 2006, et une femme restée anonyme jusqu'ici, qui l'accuse de l'avoir violée en 2013.

«Manipulations»

Soulignant que les deux femmes étaient restées en relation avec Harvey Weinstein, après les agressions supposées, elle a suggéré que c'était elles qui avaient manipulé le puissant producteur, dont les films ont remporté 81 Oscars, et non le contraire. «C'est parce qu'il avait du pouvoir qu'elles l'utilisaient encore et encore, au maximum», a-t-elle déclaré récemment au New York Times.

La défense a confirmé mardi qu'elle produirait «des dizaines et des dizaines d'e-mails» suggérant que ses accusatrices avaient gardé une relation «aimante» avec Harvey Weinstein, après le viol et l'agression présumés, selon des journalistes présents au tribunal.

«Contre-interrogatoire brutal»

L'avocate Gloria Allred, qui représente Mimi Haleyi, a indiqué s'attendre à ce que sa cliente subisse «un contre-interrogatoire brutal» de la part de Mme Rotunno.

Ces deux agressions présumées sont les seules dont doit répondre Harvey Weinstein, qui ne devrait pas témoigner lors de ce procès censé s'achever le 6 mars.

Il a néanmoins été inculpé, début janvier, à Los Angeles, de deux autres agressions sexuelles en 2013. Même s'il était acquitté à Manhattan, ses démêlés judiciaires seraient donc loin d'être terminés.

Au total, plus de 80 femmes, parmi lesquelles des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Léa Seydoux, l'ont depuis octobre 2017, accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles, parfois lors de grands festivals de cinéma comme Cannes, Sundance ou Toronto. Mais la plupart des faits sont anciens et prescrits.

La procureure Joan Orbon-Illuzzi prévoit néanmoins de faire témoigner quatre autres femmes qui accusent le producteur d'agressions sexuelles anciennes. Parmi elles, l'actrice Annabella Sciorra, de la série «Les Soprano», qui accuse Harvey Weinstein de l'avoir violée en 1993.

L'accusation entend ainsi prouver aux jurés que Harvey Weinstein était un prédateur sexuel confirmé. S'il est condamné, ce père de cinq enfants, deux fois divorcé, risque jusqu'à la perpétuité.

Aucune preuve matérielle

L'accusation ne dispose d'aucune preuve matérielle, ni de témoin direct, des agressions présumées. Mais le mouvement #MeToo a eu un tel impact aux États-Unis, depuis deux ans - avec des dizaines d'hommes de pouvoir détrônés à la suite d'abus sexuels présumés - que l'accusation espère que les jurés écouteront les victimes avec plus de bienveillance qu'autrefois.

Des victimes présumées du producteur, dont Rosanna Arquette et Rose McGowan, ont manifesté devant le tribunal, début janvier, pour réclamer la condamnation du producteur, l'un des rares hommes tombés en disgrâce à être poursuivi au pénal.

Consciente de son image de paria dans l'opinion, la défense a essayé jusqu'au dernier moment de faire déplacer le procès loin de New York. Lors de la sélection des jurés, elle a essayé d'écarter les jeunes femmes, au motif qu'elles ne comprendraient pas «la façon dont le monde tournait dans les années 90». Une époque à laquelle les femmes restaient souvent silencieuses, sur les abus sexuels qu'elles subissaient.

(L'essentiel/nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • elles ne sont pas des anges le 23.01.2020 08:17 Report dénoncer ce commentaire

    Et moi j'avais un jour dans une interview pour un poste une jeune femme bien équipée et qui commençait à se frotter et de me dire carrément "si je lui donnerai le job, je pourrai jouer avec". J'ai arrêté l'interview et elle a pu s'en aller immédiatement. Depuis cette situation, dans notre boîte, les portes restent ouvertes pendant les interviews à deux et en équipe mixte.

  • pourquoi maintenant? le 24.01.2020 09:51 Report dénoncer ce commentaire

    La seule chose qui m'étonne c'est le fait qu'elles se taisaient durant tout le temps ou il faisait pleuvoir des rôles et des oscars et maintenant, qu'il y a une concurrence jeune et talentueuse, qu'il y a du grabuge de ces vieilles dames.

  • Antoine le 22.01.2020 20:26 Report dénoncer ce commentaire

    Ces femmes ne sont que des menteuses manipulatrice. Pour en avoir fait l'expérience moi même qu'en je recrutais pour mon entreprise, certaine femme n'hésitait pas à me la jouer façon "37,2°" et de se pencher plus que nécessaire en dévoilant leurs seins. Et tout ça en espérant avoir le poste. Toutes recalée leurs places étaient toute trouvées "Le trottoir".

Les derniers commentaires

  • pourquoi maintenant? le 24.01.2020 09:51 Report dénoncer ce commentaire

    La seule chose qui m'étonne c'est le fait qu'elles se taisaient durant tout le temps ou il faisait pleuvoir des rôles et des oscars et maintenant, qu'il y a une concurrence jeune et talentueuse, qu'il y a du grabuge de ces vieilles dames.

  • Cindy BV le 23.01.2020 09:54 Report dénoncer ce commentaire

    Le fait est que c'est un monde à part. Les comédiennes au même titre que le monde du spectacle, ont toujours eu mauvaise réputation, et la quête frénétique de la gloire à laquelle on nous a habitué ne peut que nous laisser dubitatifs quant aux motivations de ces femmes qui se sont d'elles-mêmes marginalisées.

  • elles ne sont pas des anges le 23.01.2020 08:17 Report dénoncer ce commentaire

    Et moi j'avais un jour dans une interview pour un poste une jeune femme bien équipée et qui commençait à se frotter et de me dire carrément "si je lui donnerai le job, je pourrai jouer avec". J'ai arrêté l'interview et elle a pu s'en aller immédiatement. Depuis cette situation, dans notre boîte, les portes restent ouvertes pendant les interviews à deux et en équipe mixte.

    • Ange le 23.01.2020 20:06 Report dénoncer ce commentaire

      Dans les entreprises bien gérées, les entretiens d’embauche se font par deux personnes et lorsqu’il s’agit d’une femme, un des deux interviewers est une femme. La porte du bureau est fermée pour des raisons de discrétion.

    • ange, pas du tout le 24.01.2020 09:41 Report dénoncer ce commentaire

      ça dépend aussi de la grandeur de l'entreprise. Le bureau RH d'une grande entreprise a largement plus de personnel qu'une petite entreprise familiale

  • Antoine le 22.01.2020 20:26 Report dénoncer ce commentaire

    Ces femmes ne sont que des menteuses manipulatrice. Pour en avoir fait l'expérience moi même qu'en je recrutais pour mon entreprise, certaine femme n'hésitait pas à me la jouer façon "37,2°" et de se pencher plus que nécessaire en dévoilant leurs seins. Et tout ça en espérant avoir le poste. Toutes recalée leurs places étaient toute trouvées "Le trottoir".

    • Knipchen le 23.01.2020 20:02 Report dénoncer ce commentaire

      Quelle chance vous avez eu. J’ai recruté des dizaines de femmes et je n’ai jamais connu les situations que vous décrivez. Dans la vie normale, il peut y avoir quelques ‘aguicheuses’ mais ça reste des exceptions vite éliminées. Dans le monde du spectacle, le taux d’aguicheuses est peut-être plus élevé mais Weinstein est accusé par plus de 80 femmes, ça fait beaucoup pour les traiter de menteuses.

  • Dont Beleave le 22.01.2020 20:17 Report dénoncer ce commentaire

    Un avis personnel, j'ai l'impression qu'elles étaient consentantes. Maintenant si une femme qui a eu une relation professionnelle avec lui ne l'accuse pas, elle sera traitée de menteuse.. c'est fou n'est-ce pas?