En Corée du Sud

29 octobre 2018 10:44; Act: 29.10.2018 11:45 Print

Elles veulent que leur père soit condamné à mort

Après l'assassinat de leur mère par leur père, trois sœurs réclament l'exécution de l'homme. L'affaire alimente le débat sur les violences conjugales en Corée du Sud.

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En Corée du Sud, les auteurs de violences s'en tirent souvent avec des ordonnances restrictives ou une obligation de consulter un psychologue.

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Après avoir subi pendant des années les violences de son ex-époux, une femme est morte poignardée, la semaine dernière, dans le parking de sa résidence. Les enfants du couple réclament l'exécution de leur père. «Notre père est un odieux criminel qui doit à tout jamais être isolé de la société», affirment les trois filles, dans une pétition envoyée sur le site de la présidence sud-coréenne.

«Nous demandons qu'il soit condamné à mort pour empêcher qu'il y ait d'autres victimes.» Lundi après-midi, la pétition comptait 147 333 signatures. La peine de mort est toujours prévue par la loi mais elle n'a plus été appliquée en Corée du Sud depuis 1997. Ce meurtre a de nouveau mis en lumière le laxisme de la justice sud-coréenne vis-à-vis des violences conjugales. Les auteurs de violences s'en tirent souvent avec des ordonnances restrictives ou une obligation de consulter un psychologue.

Violent et menaçant

«Les auteurs doivent être punis, et non conseillés», a estimé lundi Kim Myung-jin, membre d'une association, lors d'une manifestation à Séoul. Le père des trois filles, qui a été identifié sous le nom de «Kim», a été arrêté et certains médias rapportent qu'il aurait reconnu le meurtre, en citant son avocat selon lequel le père, désormais, «regretterait» son geste. Mais ses filles affirment que leur mère a subi pendant 20 ans les violences de leur père et ses menaces de mort.

«Même après leur divorce, notre père venait à la maison avec un couteau», a déclaré une des filles au journal Chosun Ilbo. Leur mère a vécue traquée, se cachant dans des foyers pour femmes ou à la campagne pendant des mois. Mais, chaque fois, leur père parvenait à la retrouver et la battait, selon les filles. «Un jour, mon père a suivi ma sœur et pu découvrir où nous vivions», a raconté une fille. «Nous avons toujours vécu dans la peur. Nous avons déménagé six fois en quatre ans».

(L'essentiel/afp)