États-Unis

09 août 2021 08:46; Act: 09.08.2021 08:46 Print

En Californie, la guerre de l’eau aura bien lieu

Les restrictions d’utilisation de l’eau décidées en raison de la sécheresse persistante font monter la colère des agriculteurs et menacent l’approvisionnement en nourriture.

storybild

Des amandiers desséchés après avoir été retirés par un agriculteur en raison du manque d’eau pour les irriguer, à Huron, en Californie. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

L’eau, l’eau, l’eau: dans la vallée agricole de Californie l’intérêt pour ce précieux liquide peut parfois tourner à l’obsession tant il manque cruellement en cette période de sécheresse. Cet été, le verger de l’Amérique s’est transformé en un champ de poussière brunâtre, où se côtoient arbres desséchés et cultivateurs exaspérés. Après plusieurs années de très faibles précipitations et un hiver particulièrement sec, l’Etat de l’Ouest américain a basculé dans une sécheresse exceptionnelle.

Soucieuses de continuer à alimenter les villes en eau et de protéger la faune sauvage, les autorités californiennes ont brusquement coupé le robinet au monde agricole, au risque de le faire basculer dans un torrent de colère. Partout sur les routes qui relient les exploitations agricoles entre elles, des panneaux exhortent à «économiser l’eau de Californie!» accusant même l’Etat de déverser cette ressource si vitale dans l’océan.

Les cultivateurs reprochent au gouverneur démocrate Gavin Newsom de les étrangler sous une montagne de restrictions inutiles et de les priver par la même occasion du privilège d’alimenter les supermarchés d’Amérique.

«Affamer le monde»

«Deux de mes puits se sont asséchés la semaine dernière» et «800 de mes hectares de luzerne sont en train de mourir», peste Nick Foglio, chez qui on exerce le métier d’agriculteur de père en fils depuis quatre générations. «En nous préoccupant du mauvais enjeu politique, nous allons simplement nous affamer et probablement affamer le reste du monde», fustige-t-il depuis un champ de Fresno.

Les autorités californiennes ne l’entendent pas de cette oreille. Face à l’ampleur de la crise climatique, elles ont même passé cette semaine de nouvelles mesures en urgence pour interdire à des milliers de personnes, principalement des agriculteurs, de détourner l’eau des torrents et rivières. «Lors d’une année où Dame Nature ne fait pas tomber de pluie, il n’y a pas d’eau à recevoir pour eux», martèle Jeanine Jones, de l’agence californienne de gestion de l’eau.

«Situation catastrophique»

Quand les allocations d’eau de l’Etat sont coupées, les agriculteurs se tournent vers leurs puits creusés au prix de dizaines de milliers de dollars. Ces derniers sirotent les nappes phréatiques à des centaines de mètres de profondeur. Mais même là, l’eau finit par manquer. «La situation est assez catastrophique», souffle Liset Garcia, dont le puits qui irrigue la moitié de sa ferme de 8 hectares, mais aussi sa maison, s’est retrouvé à sec.

Depuis des semaines, la cultivatrice aux chemises à carreaux attend le passage d’un foreur de puits, dont la liste d’attente déborde, pour voir s’il reste ne serait-ce qu’un peu d’eau, plus en profondeur. Installée à son étalage proche du bourg de Reedley, l’agricultrice de 30 ans qui subit de plein fouet les ravages du réchauffement climatique accueille ses clients avec une énergie presque déconcertante. La chaleur a détruit nombre de ses cultures qui «ont littéralement cuit sous le soleil».

«Les feuilles sont recroquevillées, les fruits n’arrivent pas à leur taille habituelle», «ils perdent de leur aspect sucré et juteux», déplore l’exploitante à la casquette estampillée du nom de son exploitation, «Sweet Girl Farms». «C’est maintenant un luxe d’avoir de la nourriture», lance-t-elle, «Ça ne vous paraît pas insensé?»

Avec le réchauffement climatique, l’intensité et la fréquence des épisodes de sécheresse risque encore d’augmenter, menaçant encore plus l’équilibre de la sécurité alimentaire. Nourrir l’Amérique dans ces conditions est un défi ambitieux. Mais cette région a peut-être déjà trouvé sa prochaine vache à lait: sous un soleil de plomb, des ouvriers installent et déballent de gros cartons au milieu de champs laissés en jachère. A l’intérieur, des milliers de panneaux solaires, et l’espoir de donner à une région à cran, un nouvel élan.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Elio le 09.08.2021 09:18 Report dénoncer ce commentaire

    Nick pense donc que les politiciens sont responsables. Et oui, l'Amérique.

  • joie de vivre le 09.08.2021 10:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A mon avis c est déjà trop tard allez demander à la Chine d arrêter son développement ou au États Unis !! Vous allez voir la réponse parc contre nous petits européens t le monde va devoir rouler en électrique pendant que des milliers de camions pollueront encore on marche sur la tête

  • i-mic le 09.08.2021 09:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Continuons ainsi. Petit à petit ce sera le désastre pour les générations futures…

Les derniers commentaires

  • LuxThill le 10.08.2021 09:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce sera pareil chez nous, NESTLÉ veille à privatiser et racheter toutes les sources d’eau. Ce n’est certainement pas pour les protéger, mais revendre cet élément vital à prix d’or.

  • on est dans la m.... le 09.08.2021 20:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ah non là c’est trop je viens de l’article du super variant après de l’article du giec et maintenant la flotte qui manque!!!by by l essentiel je ferme mon application j’ai envie de garder une santé mentale À peu près correct

  • nickname le 09.08.2021 19:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La californie a toujours été un désert. L’homme l’a végétalisé et arrisé. Il faut revenir en avant, cad un désert

  • Pascal le 09.08.2021 12:27 Report dénoncer ce commentaire

    Quelle surprise ! On détruit l'environnement et on serait affecté ? Vite une application sur smartphone pour répondre le problème...

  • L' eau. le 09.08.2021 12:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    N oubliez pas c est moi qui détient la mémoire de la planète.