Un soutien de choix

04 novembre 2020 06:20; Act: 04.11.2020 10:36 Print

Énergique, rassembleuse, qui est Jill Biden?

Depuis des mois, l'épouse de Joe Biden sillonne les États-Unis avec un message: seul son mari pourra rassembler un pays divisé, s'il entre à la Maison-Blanche.

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Avec une vigueur semblant parfois dépasser celle de son époux, qui a longtemps limité ses déplacements de campagne, cette enseignante de 69 ans a multiplié les visites dans les États-clés, susceptibles de basculer dans le camp démocrate, le 3 novembre. Elle appelle les Américains, «démocrate et républicain, rural et urbain» à se rassembler pour dépasser les clivages politiques, battre la pandémie et la crise économique. «Nous ne sommes pas d'accord sur tout, ce n'est pas nécessaire, on peut toujours s'aimer et se respecter», affirme-t-elle dans un discours aux antipodes des diatribes de Donald Trump.

Elle montre aussi une image plus intime de Joe Biden, dont la vie a été frappée par des «tragédies inimaginables». Jill Biden raconte notamment comment l'ancien vice-président de Barack Obama avait trouvé la force de reprendre ses activités à la Maison-Blanche, quelques jours seulement après la mort de son fils Beau, décédé d'un cancer du cerveau en 2015. «Il a appris à guérir une famille, et de la même façon on guérit un pays: avec amour, compréhension, des petits gestes de gentillesse, du courage et un espoir inébranlable», lance-t-elle dans un discours qui touche aux crises frappant les États-Unis, à cause de la pandémie, et les tensions traversant le pays depuis quatre ans.

Joe et Jill Biden se sont mariés en 1977, cinq ans après une première tragédie, quand un accident de voiture avait emporté la première épouse du sénateur et leur fillette. Encore petits, ses deux fils survivants, Beau et Hunter, avaient eux-mêmes suggéré à leur père d'épouser Jill, a raconté Joe Biden dans des mémoires, où il avait écrit: «Elle m'a redonné la vie».

Jill Biden avait interrompu sa carrière lorsqu'elle avait eu leur fille, Ashley, en 1981, mais avait ensuite repris ses études pour décrocher un doctorat en éducation. Elle enseigne toujours dans une université du nord de la Virginie, près de Washington, où elle veut continuer à travailler même si Joe devient président. Sans compter Hillary Clinton, brièvement sénatrice à la fin du mandat de son mari, elle deviendrait ainsi la première première dame à poursuivre sa carrière professionnelle.

Jill Biden transformerait alors «à jamais les attentes et les limites» de la fonction, estime Kate Andersen Brower, auteure d'un livre sur l'histoire des premières dames américaines. «Elle fera entrer la fonction de Première dame dans le XXIe siècle», ajoute Katherine Jellison, spécialiste de l'histoire américaine à l’Université de l'Ohio, soulignant que «la plupart des Américaines doivent concilier vie professionnelle et vie de famille».

Elle s'est totalement investie dans la campagne de son mari, dès les primaires. Le candidat démocrate avait ainsi pris l'habitude de se présenter comme «le mari de Jill Biden». Malgré sa fine silhouette, Jill avait repoussé, sans hésiter, une protestataire qui s'approchait de son époux lors d'un meeting à Los Angeles en mars. Rare moment d'apaisement dans une campagne abrasive, le sénateur républicain et allié de Donald Trump, Lindsey Graham, a salué en Jill Biden, «une personne remarquable» après son discours à la convention démocrate.

Solide aux côtés de son mari, elle a dénoncé les «calomnies» lancées par le camp Trump pour «détourner l'attention» au sujet des accusations récentes de corruption portées contre Joe et Hunter, cadet à problèmes qui a fait des affaires en Chine et en Ukraine lorsque son père était numéro deux de Barack Obama. Elle est toutefois restée discrète face à l'accusation de viol dans les années 1990 proférée par une femme, Tara Reade, que Joe Biden a catégoriquement niée.

Le sénateur devenu vice-président (2009-2017) s'est aussi vu reprocher d'avoir un rapport trop tactile avec des femmes, qui se sont plaintes de gestes trop envahissants. Jill Biden affirme ne voir qu'un comportement innocent de son mari, qui a admis avoir «appris» des déclarations de ces femmes jugeant leur espace intime envahi.

(L'essentiel/afp)

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