Yémen

02 décembre 2017 14:03; Act: 02.12.2017 14:08 Print

Enfin un cessez-​​le-​​feu pour le Yémen?

L'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh s'est déclaré samedi ouvert à des discussions avec l'Arabie saoudite si celle-ci lève son blocus.

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L'ancien président du Yémen, Ali Abdallah Saleh s'est dit prêt à «tourner la page» avec l'Arabie saoudite, afin de tenter de mettre un terme à l'intervention militaire dirigée par Ryad, déclenchant la colère du mouvement armé des Houthis. (photo: AFP)

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De violents affrontements se sont poursuivis samedi dans la capitale yéménite entre les deux composantes de la rébellion, les Houthis dénonçant un «coup de force» de l'ex-président Ali Abdallah Saleh qui s'est dit prêt à «tourner la page» avec l'Arabie saoudite.

Les combats entre les deux camps, qui contrôlent la capitale Sanaa, ont fait des dizaines de morts et de blessés depuis mercredi sans qu'il soit possible de donner un bilan précis. Ils pourraient entraîner un nouveau front dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans et qui connaît déjà la «pire crise humanitaire» de la planète, selon les Nations unies.

«Nous tournerons la page»

«J'appelle nos frères dans les pays voisins à arrêter leur agression et à lever le blocus et nous tournerons la page», a dit M. Saleh dans des déclarations à la télévision, en référence à l'Arabie saoudite. Ryad a lancé en mars 2015 une campagne militaire contre les Houthis et leurs alliés pour les empêcher de prendre le contrôle de tout le territoire, et avait récemment renforcé le blocus sur le pays après un tir de missile des Houthis vers Ryad.

«Nous promettons à nos frères et voisins que dès qu'un cessez-le-feu sera en place et que le blocus sera levé, nous dialoguerons directement via l'autorité légitime représentée par notre parlement», a ajouté M. Saleh. Cette initiative a été accueillie favorablement par l'Arabie saoudite qui était en froid avec M. Saleh depuis 2012 et qui accuse les Houthis d'être armés par son grand rival régional l'Iran. La coalition sous commandement saoudien a estimé que la démarche de l'ex-président «libérera le Yémen» des «milices loyales à l'Iran».

«Coup de force»

Mais les déclarations de M. Saleh ont provoqué la colère de l'autre composante de la rébellion qui a dénoncé un «coup de force» contre leur alliance. «Le discours de Saleh est un coup de force contre notre alliance et notre partenariat et révèle l'imposture de ceux qui affirment lutter contre l'agression» saoudienne, a déclaré un porte-parole des Houthis.

La chaîne de télévision Al-Massira contrôlée par les rebelles a estimé que M. Saleh était en train de changer d'alliance. Plus tôt, dans une intervention télévisée, Abdelmalek Al-Houthi, chef des rebelles Houthis, avait exhorté Ali Abdallah Saleh à «revenir à la raison» et averti que «l'Etat pourrait avoir à imposer l'ordre».

Le conflit au Yémen a fait plus de 8 750 morts et 50 600 blessés, dont de nombreux civils, depuis mars 2015. Sept millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence

(L'essentiel/nxp/afp)