Golfe persique

25 juin 2019 10:50; Act: 25.06.2019 11:57 Print

Escalade verbale entre Washington et Téhéran

Téhéran a dénoncé «les sanctions stériles contre le guide suprême de l'Iran et le chef de la diplomatie iranienne» annoncées la veille par Washington.

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Donald Trump a signé une série de sanctions contre des hauts responsables iraniens en présence du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

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Le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, a dénoncé mardi le silence «assourdissant» de l'Iran alors que la porte reste ouverte à de «véritables négociations», malgré les vives tensions actuelles entre Washington et Téhéran. Le président iranien Hassan Rohani a accusé peu après les États-Unis de mentir lorsqu'ils disent vouloir négocier avec Téhéran, après l'annonce de sanctions américaines contre le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. «En même temps que vous appelez à des négociations, vous cherchez à sanctionner le ministre des Affaires étrangères! Il est évident que vous mentez», a déclaré M. Rohani.

En imposant de nouvelles sanctions «stériles», visant cette fois-ci le chef de l'État iranien, les États-Unis ont décidé de fermer de manière «permanente» la voie de la diplomatie entre Washington et Téhéran, a déclaré un peu plus tôt l'Iran. «Le gouvernement Trump est en train de détruire tous les mécanismes internationaux existants destinés à assurer la paix et la sécurité mondiale», a écrit le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, sur Twitter.

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980. Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions présentées comme «dures» et frappant la République islamique : elles visent M. Khamenei, et plusieurs commandants des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran. M. Trump, qui accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire et d'être un «parrain du terrorisme», a signé un décret empêchant «le guide suprême, son équipe et d'autres qui lui sont étroitement liés d'avoir accès à des ressources financières essentielles».

Également visé, M. Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l'Occident, considéré comme un modéré et abhorré des ultraconservateurs iraniens, doit être placé sur la liste des sanctions «cette semaine», a indiqué le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Selon ce dernier, Washington va geler des «milliards de dollars» d'actifs iraniens supplémentaires. L'Iran a rétorqué à l'ONU en appelant Washington à arrêter son «aventurisme militaire» et sa «guerre économique», en jugeant que le «climat» n'était pas propice à des discussions avec les États-Unis.

(L'essentiel/afp)