Mormons massacrés

06 novembre 2019 07:10; Act: 06.11.2019 12:38 Print

États-​​Unis et Mexique unis contre les cartels

Après le massacre de neuf mormons américains au Mexique, Mexico et Washington pourraient accentuer leurs efforts communs contre les narcotrafiquants.

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Image d'archives du président mexicain Andrès Manuel Lopez Obrador.

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Le Mexique et les États-Unis pourraient s'entendre pour une coopération accrue contre les gangs armés qui ont apparemment pris en embuscade les membres d'une communauté de mormons américains, massacrant neuf d'entre eux. Ce nouvel accès de violence au Mexique soulève la sempiternelle question de la gestion sécuritaire des autorités visiblement dépassées, en particulier dans le nord du pays. Mexico a confirmé la mort de trois femmes et six enfants d'une communauté mormone américaine établie dans cette région du Mexique.

Le ministre de la Sécurité, Alfonso Durazo, a estimé mardi matin que l'attaque qui a visé la famille LeBaron à Rancho de la Mora, à la frontière des États du nord de Sonora et de Chihuahua, avait pu être le résultat d'une «confusion», le convoi de mormons ayant pu être pris pour un autre groupe armé. Le procureur de Chihuahua Cesar Augusto Peniche a indiqué que «des groupes criminels s'affrontent dans cette zone».

«Déclarer la guerre aux cartels»

Le voisin nord-américain, soucieux non seulement d'endiguer le flot de migrants mais aussi de maintenir le calme à sa frontière sud, a sommé le Mexique de «déclarer la guerre» aux cartels de la drogue qui sévissent dans le secteur. «Si Mexico a besoin ou demande de l'aide pour se débarrasser de ces monstres, les États-Unis sont prêts à faire le travail avec rapidité et efficacité», a tweeté le président américain Donald Trump.

Donald Trump et son homologue mexicain Andrès Manuel Lopez Obrador, qui va marquer dans moins d'un mois le premier anniversaire de son arrivée au pouvoir, se sont entretenus par téléphone, mardi après-midi. Ils ont évoqué «les efforts à déployer pour combattre les comportements de plus en plus violents des cartels et des groupes criminels de la région», a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Hogan Gidley.

Les deux hommes ont aussi parlé «de la coopération continue le long de la frontière». «Toute la coopération dont il sera nécessaire, c'est ce dont je vais m'entretenir maintenant avec Trump», avait réagi Andrès Manuel Lopez Obrador, mardi matin, lors de sa conférence de presse quotidienne.

«Le pire qui puisse arriver»

Tout en remerciant son homologue américain, le dirigeant mexicain avait souligné qu'il fallait «examiner de quelles façons il serait possible d'aider, tout en veillant au respect de notre souveraineté, comme les États-Unis le font et comme d'autres pays le font». Il avait cependant estimé que «le pire qui puisse arriver, c'est la guerre», en allusion au tweet de Trump. «La guerre est synonyme d'irrationalité», avait-il ajouté.

Le Mexique bénéficie déjà d'une vaste assistance sécuritaire américaine, sous la forme notamment de l'Initiative Merida qui a permis le versement de 1,8 milliard de dollars depuis 2008 pour combattre le trafic de drogue, la criminalité et l'impunité qui sévissent dans le pays. Mais le président Lopez Obrador, apparenté à la gauche populiste, a déjà fait valoir qu'il souhaitait mettre un terme à ce plan et que les fonds devaient servir au «développement économique» plutôt qu'à «des attaques menées en hélicoptère».

Cependant avec la situation à la frontière nord du Mexique qui ne cesse d'empirer, il pourrait être contraint de réviser sa position. Avec 25 890 morts depuis le début de l'année au Mexique, un nouveau record de violence pourrait être battu en 2019. Il a déjà demandé une assistance américaine pour endiguer le trafic d'armes «made in USA» qui inonde le Mexique. Ce marché illégal génère un profit de 127 millions de dollars par an dans les caisses de l'industrie américaine de l'armement.

(L'essentiel/afp)