Qatar

26 octobre 2020 07:34; Act: 26.10.2020 09:21 Print

Forcées à subir des frottis à peine débarquées

Suite à la découverte d’un bébé abandonné à l’aéroport de Doha, des fonctionnaires ont fait subir des examens gynécologiques à des passagères débarquées de plusieurs avions.

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Des Australiennes et semble-t-il une Française ont été l’objet d’examens gynécologiques forcés à l’aéroport de Doha. (Photo KARIM JAAFAR / AFP) (photo: AFP)

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Des passagères ont subi de force des examens corporels poussés après la découverte d’un nouveau-né prématuré abandonné dans les toilettes de l’aéroport international de Doha, la capitale du Qatar.

L’aéroport a simplement indiqué qu’il avait été demandé à des femmes «de participer» à des requêtes visant à localiser la mère du bébé, qui est toujours en vie, selon un communiqué.

Ces femmes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont été débarquées de plusieurs avions et conduites dans des ambulances, où elles ont subi des examens pour savoir si elles avaient accouché récemment.

Le Qatar pratique la loi islamique qui punit sévèrement les femmes qui tombent enceintes hors mariage.

«(Les fonctionnaires) forçaient les femmes à subir des examens corporels, essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (NDLR: des frottis)», a déclaré dimanche à l’AFP une source à Doha qui a été informée d’une enquête interne sur l’incident.

Des Australiennes et semble-t-il une Française ont été l’objet de ces examens forcés.

Débarquées des avions

L’aéroport international de Doha a indiqué que «le personnel médical avait exprimé ses inquiétudes aux responsables de l’aéroport concernant la santé et le bien-être d’une mère qui avait juste donné la vie et demandé à la localiser avant qu’elle ne parte».

«Les individus ayant eu accès au secteur de l’aéroport où le nouveau-né a été trouvé ont été invités à participer aux recherches», ont ajouté les autorités aéroportuaires sans préciser ce qui avait été demandé aux femmes interrogées ni leur nombre.

Les faits, rapportés par la télévision australienne Seven News, se sont produits le 2 octobre et ont été révélés par des passagers australiens. En raison de l’incident, l’un des vols, le QR908 de Qatar Airways à destination de Sydney, a eu quatre heures de retard, selon le site de surveillance Flight Radar 24.

Des femmes d’autres pays et d’autres vols ont subi des examens similaires. Une enquête est en cours au Qatar, selon Seven News. L’aéroport de Doha a appelé dimanche à ce que la mère du bébé se manifeste, laissant penser que les examens n’avaient servi à rien.

«Le nouveau-né reste non-identifié, mais il est en bonne santé aux mains du personnel médical et social», a indiqué l’aéroport, appelant toute personne ayant des informations sur la mère à les communiquer.

Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a indiqué à Seven News avoir «fait officiellement part aux autorités» du Qatar de ses «graves inquiétudes concernant l’incident». Il a ajouté avoir «reçu l’assurance que des informations détaillées et transparentes sur l’événement seraient bientôt fournies» par le Qatar.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a exprimé lundi dans des termes très fermes la désapprobation de l’Australie.

«Il s’agit d’une suite d’événements extrêmement, extrêmement perturbante, choquante, préoccupante», a déclaré Marise Payne. «Nous avons exprimé très clairement nos préoccupations aux autorités du Qatar», a-t-elle dit, ajoutant que la police fédérale australienne avait été saisie de l’affaire.

Selon la ministre australienne, un rapport des autorités du Qatar sur cet incident est «imminent». Marise Payne a reconnu que des responsables australiens avaient été informés des faits par des passagers «au moment du vol» vers Sydney qui a été retardé.

«État de choc»

Un avocat australien originaire de Sydney, Wolfgang Babeck, qui était passager de l’un des vols affectés, a raconté à l’AFP que les femmes soumises à ces examens étaient revenues vers l’avion «dans un état de choc», après avoir dû se déshabiller et dénuder la partie inférieure de leur corps pour être examinées par une femme médecin.

«Elles étaient toutes bouleversées, certaines étaient en colère, l’une pleurait, et personne ne pouvait croire ce qui venait d’arriver», a déclaré Wolfgang Babeck, qui estime que l’incident pourrait constituer «une violation du droit international».

Sollicitée dimanche, la compagnie Qatar Airways n’a pas fait de commentaires.

(L'essentiel/AFP/NXP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Navalny le 26.10.2020 07:48 Report dénoncer ce commentaire

    L'obscurantisme de certains pays n'a pas de limites. Il faut cerainement retrouver la mère de ce bébé. Mais le fin ne justifie pas les moyens

  • Un belge une fois le 26.10.2020 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moyen âge

  • Chriss le 26.10.2020 08:01 Report dénoncer ce commentaire

    Pas très légal ...

Les derniers commentaires

  • Sad Clown le 27.10.2020 07:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il ne faut pas mettre la charrure avant les bœufs.

  • Censure le 26.10.2020 23:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Arrêtons d'éxagerer ! Un petit coton tige dans le vagin n'a jamais fait de mal à personne

  • Libre penseur le 26.10.2020 22:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C’est simplement un viole. Il faut porter plainte devant une cours internationale.

  • citoyen le 26.10.2020 20:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quand je vais dans un pays soit j'accepte leurs lois et traditions soit j'y vais pas .je n'impose pas mes lois et traditions c'est ça l'ouverture et la tolérance il faut arrêter de se prendre pour l'exemple du monde.ceci dit je trouve pas bien ce qu'ils ont fait mais comme j'ai dis avant c'est comme ça

  • @chris le 26.10.2020 18:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Si, c'est légal au Quatar et dans d'autres pays de la région. Brutal, choquant, mais légal.