Liberia

28 décembre 2017 19:20; Act: 28.12.2017 20:40 Print

George Weah, Ballon d'or devenu président

L'ancienne star de Monaco, du PSG et du Milan AC a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du Libéria, avec 61,5% des suffrages.

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op Däitsch
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Enfant des bidonvilles de Monrovia devenu star planétaire du foot dans les années 1990, George Weah a réalisé le rêve de sa seconde vie en devenant jeudi président du Liberia, pays traumatisé par la guerre civile, qu'il entend réconcilier avec lui-même. A 51 ans, l'ex-attaquant vedette de Monaco, du PSG et du Milan AC a largement remporté le second tour de l'élection présidentielle, avec 61,5% des voix face à son adversaire, le vice-président Joseph Boakai.

Seul Africain à avoir remporté le Ballon d'or, en 1995, Weah était largement absent du pays pendant la guerre civile qui a fait quelque 250 000 morts entre 1989 et 2003. Entré en politique à la fin du conflit, il avait été battu au second tour de la présidentielle de 2005 par Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'État en Afrique, puis comme candidat à la vice-présidence en 2011. Son parti criera alors en vain à la fraude.

Élevé dans un bidonville

Cette fois, alors que son adversaire Joseph Boakai a multiplié les procédures pour dénoncer les «fraudes et irrégularités» ayant selon lui entaché le premier tour, «Mister George» a appelé ses partisans à la patience et au calme. Samedi, il avait effectué une démonstration de force en rassemblant des dizaines de milliers de partisans dans le plus grand stade du pays à Monrovia, affirmant à l'AFP: «Je sais que Boakai ne peut pas me battre. J'ai le peuple avec moi».

Quinze ans après avoir raccroché les crampons, il assure avoir «gagné en expérience» sur le terrain politique et appris de ses échecs. En décembre 2014, il remporte son premier mandat en devenant sénateur, distançant très largement l'un des fils de Mme Sirleaf. «Personne ne devrait avoir peur du changement. Regardez ma vie: je suis passé de footballeur à homme politique», a-t-il lancé pendant la campagne. «Vous pouvez vous aussi être cette personne. Nous sommes pareils», a ajouté l'ex-star du ballon rond, élevé par sa grand-mère à Gibraltar, un bidonville de Monrovia.

Repéré par Wenger

A ses critiques qui jugent son programme trop vague et pointent son absentéisme au Sénat, il rétorque par son bilan en matière de santé et d'éducation, la proximité qu'il cultive avec la population et des promesses. «Je vais m'assurer que nos hôpitaux soient équipés, que nos médecins et nos infirmières soient formés et qu'ils soient encouragés à travailler». Weah a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, l'ex-épouse de l'ancien chef de guerre et président Charles Taylor (1997-2003), une sénatrice respectée. Mais George Weah le répète: il n'entretient «pas de contact» avec l'ancien président, condamné par la justice internationale pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Pendant la guerre civile, Weah avait plaidé pour la paix au Liberia, appelant l'ONU à sauver son pays. En rétorsion, des rebelles avaient brûlé sa maison de Monrovia et pris en otage deux de ses cousins. Membre de l'ethnie kru, et ne faisant donc pas partie de l'élite descendant d'anciens esclaves américains qui dominent la vie politique, George Weah a vu sa vie basculer en 1988, à 22 ans, grâce à Arsène Wenger. Alors entraîneur de Monaco, le Français l'avait déniché au Tonnerre Yaoundé, au Cameroun, et fait venir sur le Rocher. Pendant 14 ans, le solide attaquant allait jouer dans les plus grands clubs européens, amassant une fortune considérable. Mais il a gardé ses attaches dans la banlieue de Monrovia, où il tape encore le ballon avec des amis.

Avant de se lancer en politique, Mister George était capable de ça:

(L'essentiel/AFP)