Conflit israélo-palestinien

28 mai 2021 19:42; Act: 28.05.2021 19:50 Print

Grégory victime à Gaza, l'incroyable fake-​​news

Ce qui semblait être une fake news ridicule créée par les pro-Hamas pour dénoncer les bombardements israéliens provenait en fait du camp israélien. Explications.

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Mais qu’est donc venue faire la photo du petit Grégory, retrouvé mort en 1984 dans les Vosges, au milieu des actualités sur le conflit israélo-palestinien? Cette fake news, soi-disant publiée par des Palestiniens et qui présentait le garçonnet de 4 ans comme une victime des bombardements israéliens, provenait en fait du camp pro-israélien, qui cherchait à discréditer les Pro-Hamas. Petit retour en arrière.

Le 21 mai, un compte récemment créé sur Twitter publie la photo de Grégory Villemin, un enfant se trouvant au centre d’un fait divers hors norme qui passionne les foules depuis près de 40 ans. On apprend dans ce tweet que le jeune garçon, rebaptisé Ismail Arthur, est mort «noyé par l’armée d’occupation». Le post dénonce par ailleurs la complaisance des «médias sionistes», qui «ne relaieront pas l’information». Passé d’abord relativement inaperçu, ce post commence à circuler de plus en plus rapidement au fil des jours, explique «Le Parisien».

De nombreux internautes tombent alors dans le panneau et pensent que cette fake news grosse comme une maison a été imaginée par des pro-Hamas pour dénoncer les bombardements israéliens. «Voilà où en est la propagande du Hamas que les médias français achètent argent comptant», réagit notamment Gilles-William Goldnadel, chroniqueur des Grandes Gueules sur RMC. Les commentaires moqueurs et sarcastiques fusent, jusqu’à ce que des internautes sceptiques ne creusent un peu le sujet.

Ils finissent par déterminer que cette fake news provient d’un compte créé spécialement pour l’occasion et remontent jusqu’à un groupe Facebook ouvertement pro-israélien. Dans les commentaires, certains échanges entre membres du groupe laissent peu de doute quant à l’origine de la fameuse fake news: «On va voir un peu jusqu’où va leur connerie. Objectif: 2000 retweets», se réjouit un utilisateur. Ce sont donc bien des pro-Israël qui ont créé cette fausse information volontairement grossière afin de faire passer les membres du camp adverse pour des imbéciles.

Le compte Twitter est finalement supprimé, et la chaîne israélienne i24 s’excuse d’avoir relayé ce tweet. «Tous les coups sont permis dans la guerre d’influence des images. (…) Il y a une deuxième guerre sur les réseaux entre Tsahal et le Hamas», estime Arnaud Mercier, professeur à l’Institut Français de Presse.

(L'essentiel/joc)