Procès en Turquie

09 octobre 2019 10:17; Act: 09.10.2019 10:40 Print

Il avait tué son ex devant leur fille dans un café

Le procès d'un homme, accusé d'avoir poignardé à mort son ex-femme sous les yeux de leur fille, s'est ouvert mercredi, dans une ambiance électrique.

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Les images du meurtre avaient suscité une onde de choc en Turquie: le procès d'un homme accusé d'avoir poignardé à mort son ex-femme, sous les yeux de leur fille, s'est ouvert mercredi, dans une ambiance électrique. Le meurtre, en août dernier, d'Emine Bulut, 38 ans, avait provoqué des manifestations contre les violences faites aux femmes et relancé le débat sur la hausse des féminicides dans ce pays. Bulut, qui avait divorcé de son mari quatre ans plus tôt, a été poignardée dans un café, sous les yeux de sa fille de 10 ans, dans la ville de Kirikkale, située en Anatolie centrale.

Elle est morte à l'hôpital. Le procès a débuté dans une ambiance tendue dans une salle d'audience archicomble du tribunal de Kirikkale, selon une journaliste de l'AFP. L'accusé, Fedai Varan, comparaissait par visioconférence depuis la prison. Âgé de 43 ans, l'ex-mari de Bulut risque une peine d'emprisonnement à vie pour «meurtre prémédité avec circonstances aggravantes».

Une procédure de divorce peut conduire au meurtre

Le drame a eu un écho retentissant en Turquie en raison d'une vidéo prise juste après l'attaque, et devenue virale sur les réseaux sociaux, qui montrait Bulut agonisant dans le café, se tenant le cou et couverte de sang, disant à sa fille: «Je ne veux pas mourir». Sa fille, en pleurs, répondait: «Maman, s'il te plaît, ne meurs pas». Après avoir été arrêté, M. Varan avait tenté de justifier son geste en affirmant à la police que Bulut l'avait «insulté».

Un total de 354 femmes ont été tuées en Turquie au cours des neuf premiers mois de 2019, selon le groupe de défense des droits des femmes «Nous ferons cesser le féminicide». En 2018, ce chiffre s'est élevé à 440. En 2017, on en comptait 409, contre 121 en 2011. Dans une société où de nombreux hommes ne considèrent pas les femmes comme leurs égales, une procédure de divorce ou une plainte peut amener le partenaire violent à attaquer, voire tuer sa compagne.

(L'essentiel/afp)