Aux États-Unis

08 novembre 2018 07:28; Act: 08.11.2018 09:33 Print

Il s'écharpe avec Trump et perd son accréditation

Après un échange houleux avec le président américain, un journaliste de «CNN» a été suspendu par la Maison-Blanche.

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La Maison-Blanche a annoncé suspendre, «jusqu'à nouvel ordre», son accréditation à un journaliste de CNN, à la suite d'échanges houleux avec Donald Trump, lors d'une conférence de presse organisée après les résultats en demi-teinte des élections de mi-mandat. «Je viens de me faire refuser l'accès à la Maison-Blanche», a confirmé sur Twitter, Jim Acosta, reporter de CNN, cible régulière des critiques et des apostrophes «Fake News» du président américain.

Au cours du point presse, M. Acosta, engagé dans un échange verbal houleux avec le président républicain, qui ne voulait plus lui répondre davantage, a refusé de rendre le micro à une membre de l'équipe de la Maison-Blanche. La jeune femme a alors tenté de lui prendre des mains le micro, et les bras des deux individus se sont touchés très brièvement.

«Le président Trump croit en une presse libre (...) Nous ne tolérerons cependant jamais qu'un reporter pose sa main sur une jeune femme essayant simplement de faire son travail de stagiaire à la Maison-Blanche», a tweeté Sarah Sanders, la porte-parole de l'exécutif américain. «Après l'incident d'aujourd'hui (mercredi), la Maison-Blanche suspend l'accréditation permanente du reporter impliqué jusqu'à nouvel ordre», a poursuivi Mme Sanders, sans jamais nommer directement le journaliste.

«Menace pour notre démocratie»

«Ceci est un mensonge», a répondu sur Twitter M. Acosta, l'un des reporters de la chaîne accrédité de façon permanente à la Maison-Blanche.

«Dans son explication, la porte-parole Sarah Sanders a menti. Elle a fourni des accusations frauduleuses et cité un événement qui ne s'est jamais passé», a également taclé CNN dans un communiqué. La chaîne a par ailleurs apporté son soutien à son journaliste et s'est inquiétée d'une «décision sans précédent», qui est «une menace pour notre démocratie».

Une association représentant la presse présidentielle a exhorté la Maison-Blanche à «immédiatement annuler cette action faible et malavisée». Une réaction qu'elle qualifie de «disproportionnée» et «inacceptable». «L'association des correspondants de la Maison-Blanche s'oppose fortement à la décision de l'administration Trump», a écrit dans un communiqué Olivier Knox, à la tête de ce groupement de journalistes.

(L'essentiel/afp)